
toujours une nourriture abondante. Quand la faifon devient trop rude elles
cherchent une retraite ou dans les trous, ou fous 1’éeorce de 1 arbre, mais
comme le moindre dégré de chaud leur fuffit, elles en fortent des qu elles
fs fentent ranimées par les premiers rayons- du Soleil : il rfeit donc pas
étonnant qu elles exiftent dans les parties feptentrionales de l’Europe, & on
peut préfumer qu’elles multiplieroient ptodigieufement fi elles ne fervoient
de pâture à quantité d’oifeaux, fur-tout aux Pics, aux Mefanges & a d autres
.efpèces qui dans certaines faifons ne trouvent point d’autre nourriture. M.
Efper, dans fa defcription de cette efpèce, dit n’en avoir jamais reçu d envois
nombreux, mais M. Gerning nous allure qu’un de fes Chaffeurs d Infectes
en a ramaflé au mois de Février dernier 17 8 ci j près de y 0 0 , que la
chaleur de la faifon a voit déjà fait fortir de leurs retraites, & dont la plus
grande partie fe font métamorphofées en Crifelides à la fin du même mois.
Dans nos Provinces méridionales , & aux environs de Lyon , on les trouve
le plus ordinairement au mois de Mai, en battant les branches des grands
pins fur lefquels elles fe retirent de préférence aux petits, & elles font leur
cocon dans les premiers jours de Juin.
Qes Chenilles ne vivent point en fociété : on diftingue aifément celles
qui doivent produire des Phalènes de différent fexe. Celle du mâle, Fig.
222. a , peut avoir-deux pouces & demi environ dans fa plus grande
longueur , le fond de fa couleur eft un gris clair : celle de la- femelle ,
Fig, * 2 ; . c , eft beaucoup plus groffe , & a un pouce de plus : elle eft
d'un gris blanc légèrement bleuâtre. Ce quelles ont de commun eft la
groffeur de la tête, les taches & les traits bruns qui font épars fur leur
corps , & les plis de la peau qui forment des efpèces de rides fur tous les
anneaux. Quand on les touche elles repouffent de côté fit d’autre avec la tête
& les pattes comme pour écarter le danger. Cette efpèce donne, plusieurs
jçiriétés de Chenilles. <
S E C O N D É T A T ,
E l les font ordinairement leur cocon , ou entre des feuilles , ou fous
l’écorce du Pin. Ce cocon eft fort allongé , bien garni dans le milieu d’une
feie grisâtre entre-mêlée des poils 4“ la Chenille , mais les (Jeux bouts
font
font d’un tîffu fort léger & celui du côté de la tête paroît à moitié ouvert.
La Fig. 222 .d. eft la Crifalidedu mâle, ôtlaFig. 222. b, celle delà femelle :
l’un & l’autre font d’un brun noirâtre dans la partie antérieure, le refte du
çorps eft couleur de marron foncé. Elles font arrondies à leur extrémité
qui tient au tiffu par des efpèces de filaments.
É T A T P A R F A I T .
L es Phalènes éclofent au bout de trois ou quatre femaines ig§ offrent
beaucoup de variétés ; il eft même affez rare d’en trouver deux individus
parfaitement femblables. Nous allons d’abord préfenter a nos- Lefteurs
celles qui font les plus ordinaires & peuvent être regardées comme
l ’efpèce ; nous décrirons enfuite , les variétés qui nous ont paru les plus
remarquables.
Le fond de couleur des ailes du mâle repréfenté en deffus Fig. 22.2. e ,
eft brun , uni dans les inférieures , & interrompu dans le milieu des
fupérieures par deux bandes tranfverfales, l’une d’un gris foncé lavé de
brun, légèrement dentelée fur fes bords, l’autre qui lui eft contiguë , d’un
jaune brunâtre , dentelée , & échancrée du coté de 1 extrémité de 1 aile.
!Au milieu, vers le bordfupérieur, eft un point blanc.
Le deffous, Fig. 2 2 2 ./ , eft tout brun : les quatre ailes font cependant
traverfées par une bande étroite un peu plus claire , accompagnée ou bordée
de deux autres plus brunes que le fond. Le corps & les pattes font velues fie
de la couleur du fond des ailes ; les antennes font tres-peéünées.
La Fig. 222. g , eft une variété en deffu.s ; la bande grife du milieu des
ailes fupérieures eft plus étroite que dans l’efpèce , & on en voit une autre
„pareille, entre la bordure de l’extrémité de ces ailes ^ & la bande jaune dont
elle fuit les finuofités.
L ’autre variété mâle', Fig. 222. h , a le fond des ailes fupérieures en
'deffus entièrement gris avec quelques nuances noires & brunes ; elles ne
font traverses que par la bande jaune dont la couleur vers le bord échancré
eft plus claire que dans l’efpèce. Les ailes inférieures &c les deffous de ces
deux variétés reffemblent aux natures communes,
iy8f f. F F