
l$2 P A P I L L O N S
Planche CLXV. N U M ÉRO 21/Ç*
C H E N I L L E D U S A U L E H E L I C E .
L A II A U S S E Q ü E U E F O U R C H U E *
PREMIER É T A T.
ES Chenilles fe nourriflent fuf une petite efpèce de Saule appelles'
Saule helice ( 1 ) Salix hélix , Liim. On les trouve auffi fur l’Aubépine ,
le Peuplier & le Tremble, & fuivant Linné fur le Chêne. Dès qu’elles font
forties de l’oeuf, elles commencent à filer , chacune en particulier, &
attachent enfemble quelques feuilles qui- leur fervent en même temps de
logement & de nourriture. Quand les feuilles font confommées , les Chenilles;
fe forment une nouvelle habitation , & relient ainfi cachées toute leur' vie,,
ce qui les rend afféz difficiles à trouver. D’après les faifcins'différentes où
on les rencontre, il paroît qu-il- y ett a deux couvées par an : en effet
quelques-unes fubiffent toutes leurs métamorphofes- en Automne , & les
Phalènes qui en. rëfultent pondent leurs oeufs qui relient l’Hiver fur des
branches d’arbres , St produifent les jeunes Chenilles' au Printems ; d’autres
fe changent feulement en Crifalides avant l’Hiver, & donnent leurs Papillons
l’année fuivante. Elles font peu velues, & ont quelque’ relfemblance avec'
les vers qui fe nourrflfent de viande , ee qui leur en a fait donner le
nom par quelques Naturalises. Leur tête eft greffe & la féparation des
anneaux peu profond^, Fig. 2 14. -a. Elles ont un collier jaune, & tout
le long du dos régne une large bande blanche & rouge, ou couleur de-
chair. De chaque côté efl une’ autre bande d’un gris foncé, au deffous de
laquelle on voit une raie jaune parfemée* de tubercules de la même couleur,
( I ) Flore Franç. toms II,. j>ag. , a°, 141, Xly
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Les deux mamelons qui forment le caraôère de cette Famille-font rouges,
& garnis de poils - plus longs que. ceux des autres tubercules.
S E C O N D É T A T .
E lles font environ cinq à fix femames a prendre toute leur droiflance,
êt c’eft dans leur dernière habitation qu’elles fe métamorphofent en Crifaiides -
elles fe contentent alors de fortifier leur enveloppe d’un tiflu plus épais
& relient enfuite quatre à cinq, jours avant de quitter leur vieille dépouille.
Cette Crifalide , Fig. 214. b, eft d’un brun rougeâtre & n’a rien d’ailleurg
de remarquable.
f; J A T P A R - F A I T.
L es Phalènes', somme nous T avons dit: éclofent ou en Automne orf
au Printemps , & font beaucoup plus petites que 1 efpece précédente. Le
fond des ailes fupérieures du mâle en deifus , Fig. 2 14. c , eft gris : ce fonds
eft recouvert d’une teinte brune depuis l’origine jufques vers le milieu-
des ailes , & cette partie eft trâverfée de quelques lignes ondées & blanchâtres.-
L ’angle fupérieur eft occupé pat une tache dun gris foncé lavé de bleu ,
dans laquelle eft ünè autre tache allongée, rougeâtre , bordée d’un côté par
une' ligne blanche, Les ailes inférieures font d’un gris uni brunâtre , & c’eft
auffi la couleur du corps & des antennes ; celles-ci font bien fournies def
barbes. , ;
Les ailes lupérieüres eh deffous, Fig. 214. . / , font brunes & les inférieures
blanchâtres : lies unes & les autres font traverfées dans leur milieu, & fuivant
leur largeur par une ligfle grisâtre dans les premières, & brunâtre-dans les
dernières.- . - ’
Lafemelle"en deifus , Fig. 2 14. e , reflefflb.le beaucoup au male, mais feS
antennes font moins peûinées , fon -corps eft.plus gros. & les nuances-
de fes couletfrs moins décidées : l a . tâche rougeâtre du. bout des ailes
fupérieures y eft peu ou point marquée. Son deffous eft pareil à celui- du
mâle.