
C IN Q U I ÈM E F A M I L L E D E L A P R EM I È R E C LA S S E .
Chenilles Hériffonnes. Phalènes vives en couleur.
JL E S Chenilles de cette famille ont fur chaque anneau dix boutons
ou tubercules garnis de poils longs & épais. La transformation fe fait
au-deflus de la terre dans un cocon mou & dont le tiffu eft cependant
ferré. Les Phalènes ont des trompes fort courtes , les ailes un peu
inclinées dans létat de repos , & les inférieures furtout d’une couleur
.vive.
P l. CXXXIX. CXL. CXLL & CXLII. N°. 2 87.
CH EN IL L E H E R IS SO N N E D E E O R T I E -
L ’ É C A I L L E M A R T R E .
P R E M I E R É T A T .
C e t t e efpèce eft très-commune furtout dans certaines années. La
femelle eft très - féconde & pond quelquefois jufqu’à lix cents oeufs.’ On
les trouve aux mois de Juin & Juillet collés fur le revers des' feuilles
par tas , ou a côté les uns des autres , & ils reffemblent à des petites
perles par leur couleur & leur brillant : trois femaines ou un mois
au plus fuffifent pour les faire éclore. Le choix de la nourriture eft
indifférent aux jeunes Chenilles , la feuille ou l’herbe la plus voifine
eft pour elles la meilleure. On les trouve donc fur les arbres &
fur les plantes baffes , mais principalement fur l’Ortie qui paroit être
leur mets favori. Sepp, dans fon Hiftoire des Infeâes des Pays-Bas
allure quelles ne fe nourriffent fur les arbres que dans leur jeuneffe l
c’eft-à-dire avant l’Hiver , mais qu’au Printems fuivant on ne les rencontre
plus que fur les plantes qu’elles dévorent alors avec la plus grande avidité.
Elles ne s’aident point , comme beaucoup d autres , d un fil de foie pour
defcendre■ des arbres , mais elles fe pelotonnent, & tombent, ou le laiffent
tomber avec les feuilles , pour aller chercher un abri contre la rigueur de
l’Hiver, foit d hua. des trous en terre , foit dans des creux d arbres & de
murailles. A cette époque elles ont déjà changé plufieurs fois de peau , 8c
leur extérieur eft toujours à peu près le même que dans leur parfait
accroiffement , li ce ' n’eft que la couleur de leur épaiffe fourrure eft
quelquefois un peu moins foncée. Celle que nous avons représentée, Fig.
187. à , eft peinte d’après nature .quelques jours apres fa derniere mue.
Elle a feize pattes. Les longs poils qui couvrent le deffus du corps font
bruns , un peu g'risâtres à leur extrémité, ce qui leur donne un oeil roux
fuivant le point d’où on les regarde : ceux des cotés, & des deux premiers
anneaux font fauves, la peau eft noire. Ces poils font placés par aigrettes
fur des tubercules hémifphériques, dont quelques-uns près de la tête, &
fur les côtés font blancs , les autres font.noirs & luifants. Si on examine
un de ’ ces poils au microfcope , on remarque qu il eft hériffé de pointes en
forme d’épines : c’eft la raifon des démangeaifons qu ils occafionnent.
Quand nos Chenilles apperçoivent quelque mouvement autour d’elles,
ou fitôt qu’on les touche, elles-fe roulent en cercle , Fig. 187. ô , &
reffemblent à des Hériffons. Quelques inftants apres, elles reprennent leur
forme ordinaire , & courent avec beaucoup de célérité : leür marche
eft affez vive Se leur a fait • donner par quelques Auteurs le nom de
Lièvres. Elles reftent peu dans un même endroit , & on les voit plus
fouvent courir dans l’herbe, qu’on ne les trouve fur les plantes dont elles
fe nourriffent.
On croiroit que ces Chenilles peu difficiles fur le choix dés mets font
aifées à élever : cela n’eft cependant vrai que pour celles qiû fe trouvent
au Printems , & qui ayant paffé l’hiver dans .1 état léthargique , ont
commencé à reprendre un certain dégré de force , car il eft très-difficile
de les élever de l’oeuf i elles réuffiffent fort bien pendant l’Automne , mais
le plus grand nombre meurt pendant l’hiver, fans qu on puiflfe en donner
des raifons fatisfaifantes. On eft fouvent auffi expofé à les voir périr par