
fougereou des rofeaux, auxquels onattacheroit de fon mieux, foit des copeaux
en rubans qui tombent fous la varlope des Menuifiers, foit des pelures d’ofier,
foit enfin de larges feuilles d’arbres qui fe recoquillent en féchant : les Vers
y trouveront quantité de petites niches où ils aiment à fe loger , & où
ils feront a 1 abri des chûtes , qui font fouvent l’effet d’un ramage mal
fait.
On alligne fes rameaux par files , & on forme fur la longueur des tables ,
de petites allées d environ un pied & demi de large ; on courbe leur fommeî
de droite & de gauche, pour les faire tenir en arc contre la table fupérieure ,
ce qui forme de petits berceaux auxquels on donne le nom de cabanes. Comme
la plus haute table na point de plancher fupérieur , on aura des petits
fagots de cinq a fix pouces d épaiffeur que l’on efpacera comme les cabanes,
& dans lefquels on plantera les rameaux , en obfervant d’incliner leur*
fommités, alternativement les unes fur les antres.
On a remarqué que cette dernière table bien aërée eft toujours plus
chargée de cocons que les inférieures, & qu’ils y font plus fermes & mieux
étoffés : c’eft l’effet de la libre circulation de l’air, qui pendant toute la
vie du Ver a foie , eft la fource de fa bonne conftitution. Il y auroit un
moyen de fe procurer cet avantage pour toutes les tables , en les conftruifant
à claires voyes, c’eft-à-dire, en fixant fur le bâtis , des tringles de bois de
trois doigts de large, ayant de chaque côté une rainure , & entre lefquelles
s adapteraient, en coulifle , des planches à languettes. Ces tringles feraient
efpacées entr elles de i 8 pouces pour former la largeur des: cabanes , &
dès que les Vers feraient montés , on tirerait les couliffes , & l’air circulerait
librement.
Il eft indifpenfable avant de ramer de nettoyer les tables lune aprè*
l ’autre, en commençant toujours par les plus, élevées : U fera bon même de
les frotter avec quelques plantes aromatiques.
Si on s’e'ft laiffé furprendre par la montée avant d avoir préparé fes
rameaux ou fes tables 3 il faut fans fe déconcerter ., procurer à fes
Vers un. peu de fraîcheur, en ouvrant une porte ou unecroifée r ce moyen
tempere leur ardeur & donne le tems de fe reconnoître. On pourra encore
coucher fur les tables les premiers rameaux qui tomberont fous la main , ils
ferviront aux. plus preffés, & quand ils feront garnis de cocons, on les placera
debout dans quelque coin de l ’appartement.
Dès que les Vers a Soie donneront les lignes de maturité que nous
avons indiqué , il faut leur éviter la fatigue du chemin , fie la longueur des
recherches, en les tirant l’un après l’autre fur une afliette à mefure qu’ils
muriffent, & les portant au pied des rameaux. Si on en a une grande
quantité, on prend-pèle mêle ceux qui font mûrs, & ceux qui ne le font
pas, fit on les dépofe dans les cabanes.
On fent quil faut diminuer la dofe des repas à mefure que les Vers
montent , & fe réduire enfin à quelques feuilles jettées ça fit là. Lorfque
les deux tiers environ feront fur lès rameaux, St trois ou quatre jours après
la première montée , on couvrira les cabanes , foit de feuillages , foit de
papier } pour procurer aux Vers une obicurité qu’ils lemblent rechercher»
On tirera alors de deffus la litière , les infirmes , que leur état de langueur
aura empêché de monter , fit on les dépofera fur une table feparée , couverte
ou de touffes de lavande, ou de brouffailles , ou de copeaux pour les mettre
a portée de filer. S’il n’en reftoit qu’une petite quantité , on les obligerait
encore plus furement a travailler , en les logeant tous féparément dans des
cornets de papier ; on pourroit même auparavant pour remédier à leur
état de foibleffe , leur adminiftrer le bain froid dont nous parlerons dans un
ïnftant.
Avant de travailler a fa véritable coque, le Ver commence par attacher
autour de lui quantité de fils d’une foie groffière, croifée fans ordre en différent
fens. Nous lavons repréfenté , Fig. 168 k , dans l’attitude qu’il prend fie
qu il garde toujours en filant. La moitié inférieure de fon corps eft accrochée
au bas du cocon : de-là il porte fa tête autour fit au-deffous de lu i, d’où il
arrive que fes anneaux venant à fe roidir ou fe rapprocher, il ne peut plus
atteindre derrière la queue, cette partie de la coque eft donc néceffa'irement
plus mince , quelquefois même elle eft percée quoiqu’il n’y ait aucune
interruption dans les fils.
Les Figures itfS. I. m. font voir l’état du cocon , les deux & troifiéme
jours ; la Chenille en met ordinairement trois où quatre à le fabriquer. La
foie dont il eft tiffu , eft ou de couleur orangée , comme on le voit ic i,
ou blanche , ou incarnat paie , ou vert céladon : nous verrons dans un
moment celle qui eft la plus^eftimée. Au bout de ce tems la Chenille fe
change en Crifalide couleur de marron clair, Fig. \6Z, n. o. tk refté dans