
rapport des ailes fupérieures & inférieures dont les unes font plus courtes!
que les autres, ailes inférieures plilTées ou étendues, &c.
De Geer n’a pas cru devoir faire une clalfe particulière des Papillons
dont les femelles n’ont point d’ailes fenfibles, par la raifon , d it - il, qu’il
faudroit abfolument çonnoître la femelle , ppur favoir où les placer, &c
que leurs antennes ne font pas toujours les mêmes , les uns ayant des
antennes filiformes, & les autres pefitinées. Il a donc aîopté. les 2e , 3e ,
4 e & ye. claffes dp Rçaumur , & y a ajouté pour ye. famille , les Phalènes
qui ont des antennes en filets , fi courtes, qu’à peine elles furpaffent la
longueur de la têtç. '
A l ’ imitation de M. Geoffroy il a fait un genre particulier des Ptérophores ,
il les regarde comme tenant lç milieu entre les Phalènes fit les Papillons de
Jour , & les a nommé Phalènes Tipules, comme participant beaucoup
des Phalènes, & ayant dans leur état de repos une grande reffemblance avec
les Tipules.
Il fuit d’ailleurs la méthode de Reaumur pour la fhbdivifian de fes familles
-par le port des ailes.
M. Geoffroi fépare du genre des Phalènes les Teignes & les Ptérophores,
fie divife le relie en deux grandes familles , dont l’une a les antennes en
peigne , l’autre filiformes. Chacune fe fubdivife enfuite en trois feâions.
i°. Phalènes fans trompes ; 20. aveç trompes fit les ailes rabattues ; ?3°. avec
trompes St les ailes étendues.
Linné dans la douzième édition de fon Syftême de la Nature , divife
en huit claffes tous les Papillons de Nuit. La première fous le nom d'Attaci
ne comprend que des Papillons exotiques , à l’exception de deux ou trois
çfpeces quj font les plus grandes que nous eonnoiffions en Europe : &
ç efl fuivant Efper la raifon qui a engagé ce célébré Naturalifte à en former
fa première çlaffe. La fçconde comprend les Fileufes ou les Phalènes dont
les Chenilles filent des cocons pour leur transformation, La 3® les Phalènes
fiiboux, ou 3 tête de hibou. La 4e les Arpenteufes. La j e les Royleufes. La
Ç peux qui yoltigent autour des lumières qu’il nomme Pyfalides. La 7 e.
les Teignes, fit la 8e fit dernière les Ptérophores, fous le no.m d’Al.ucitoe,
Jtiei Çâraderes particuliers de chaque claffe, mfme ceux de leurs fubdivifions
fe
fe prennent dans la forme des antennes qui font pefitinées ou filiformes,
& dans la pofition des ailes ou horifontales , ou inclinées , ou tout-a-fait
rabattues , ou enfin élevées en dos d’âne fit en toit ; fit il y ajoute le défaut
ou l’exiftence des trompes.
Efper a fuivi la clafïïfication de Linné.
Telles font les principales divifions méthodiques employées jufqu’ici pour
claffer les Papillons de nuit. Si l’on excepte celle de Linné, elles fe réduifent,
comme on le v o it , à la forme des antennes fit la pofition des ailes quand
l’infecte eft en repos : de Geer 6c Reaumur en ont reconnu l’infuffifance ,
ainfi que les inconvénients qui en réfultent. D’abord pour les antennes il
eft certain que dans bien des familles, il faudroit néceffairement çonnoître
le mâle fit la femelle, pour déterminer celle à laquelle ils appartiennent.
En effet quantité de Phalènes mâles ont leurs antennes très-pe£tinées, ou
fournies de barbes des deux .côtés, tandis que celles de leurs femelles le
font fi peu , qu’il faut avoir recours à la loupe pour les appercevoir ; encore
de Geer convient-il lui7même » qu’il y a des femelles dont les antennes De Geer
» font abfolument fans barbes fit en Amples filets /tandis que leurs«-g_rr™-
» mâles ont de jolies barbes, fur leurs antennes. » Dans quelle famille les
placer alors ? Si l’on n’a que la femelle on fe trompera fans doute, fur-tout
fi c’eft la première fois quelle tombe fous la main. D ailleurs rien neft
fi fragile que cette partie dans nos infectes ; fi dans les envois qui nous
font faits , nos correfpondants n’y apportent l’attention la plus fcrupuleufe,
combien de fois n’arrive-t-il pas qu’ils nous parviennent mutilés, fit privés
de cette partie, qui fuivant ces méthodes en eft une bien effentielle . 6c
fi ce font des individus nouveaux pour nous , quelle place leur affignerons
nous dans nos .collections , fi.nous n avons d autres carafileres frappans pour
les claffer ? La même raifon a lieu pour les trompes, quand on n’a point
l’avantage de prendre fit de préparer les infeQes foi-même.
La planification par le port d ailes, quand le Papillon eft en repos ,
eft peut-être encore fujette à plus d inconvénients. Non-feulement dans les
différents genres , mais même dans les différentes claffes adoptées par
Reaumur, il y a des mâles dont le port d’ailes ne reffemble point à celui
de leurs femelles ; les uns ont leurs ailes horifontales, ou parallèles au plan
de pofition , pendant que leurs femelles les ont inclinées, ou pendantes fie
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