
fur la table où leurs oeufs feraient expofés à être falis par la liqueur dont
nous venons de parler. Il faut donc alors prendre le mâle & la femelle par
les ailes, les féparer doucement l’un de l’autre, jetter le mâle, .fit appliquer
la femelle fur des morceaux de voile noir fufpendus à une perche, au-deflùs
de la table , & qu’il feroit même à propos d’y fixer par le bas, pour leur
donner un certain degré de tenfion.
La femelle ne tarde point à commencer fa ponte fit l’acheve à trois ou
quatre reprifes , elle appuie le derrière contre l’étoffe qu’elle humeâe d’une
matière vifqueufe , St attache ainfi fes oeufs l’un après l’autre , au nombre
de 4 jo environ ; pour une Phalène de grandeur médiocre, c’eft le terme
moyen de la fécondité. Si elle travaille dans l’obfcurité elle entaffe fes oeufs
& les relferre tout autour d’elle, finon elle s’étend beaucoup , fit les colle ,
tout au plus, l’un à côté de l ’autre.
Le mâle vit affez ordinairement fept à huit jours ; quant à la femelle ,
dès quelle a rempli cette fonfition de fa vie , pour laquelle feule elle
paraît avoir été deftinée , elle ne fait plus que languir & meurt prefque
aullitôt.
Ces Phalènes font ordinairement d’un blanc fale , grisâtre ou jaunâtre :
les ailes fupérieures du mâle en deffus, Fig. i 68. p. font traverfées de
deux bandes dont l’une fe continue fur les inférieures : elles font bordées
chacune d’une raie brune. _ C ’eft entre ces deux bandes que l’on voit
ordinairement la tache en forme de lune ou de croiflant, plus ou moins
marquée, que nous avons donné pour caraâère de cette première famille.
Le bord extérieur des quatre ailes eft d’une teinte plus claire. Ces bandes
& raies font peu ou point marquées fur les ailes de la femelle en
deffus , Fig. i 68. s. Si la partie inférieure de fon corps eft d’un jaune
clair.
La figure i 68. q. offre le deffous du mâle ; on n’y apperçoit qu’une
feule bande fur chaque aile , avec la tache lunaire , fit les nervures y font
auflî fenfibles qu’en deffus.
Le deffous de la femelle Fig. i 68. t. ne diffère de celui du mâle que
par la marge extérieure des quatre ailes qui eft un peu plus claire.
Nous devons à M. Gerning le portrait de la variété femelle repréfentée
Fig. 168. u. elle exifte dans fa riche collection. La partie poftérieure de
fon corps eft d un jaune foncé , qui s’éclaircit infenfiblement en remontant
vers le corcelet. Ses ailes d’un gris légèrement bleuâtre, font bordées d’une
frange blanche , fit traverfées de raies brunes parallèles dont cinq fur les
fùpérieures, & deux feulement fur les inférieures.
V I I .
Des Maladies du Ver à Soie.
_/\_P R È S avoir fuivi le Ver à Soie dans fes différens états , il nous refte
à parler des maladies auxquelles il eft fujet. On n’en connoît que quatre
jufqu’à préfent, fit toutes prennent leur origine dans le défaut de foins , fie
la négligence des pratiques que nous avons preferites pour fon éducation.
La première eftune efpèce de confomption qui fe déclare après la première
mue., fie dont on ne s’apperçoit ordinairement que quand il n’eft plus-tems d’y
remédier. Ceux qui en font attaqués, que l ’on appelle en Languedoc , des
PaJJis, font plus petits que ceux de leur âge; maigres, effilés fie fans vigueur,
ils abandonnent la litière après un certain tems, fie vont périr fur les bords du
clayon. Cette maladie provient uniquement d’une chaleur, forte fie étouffée ,
foit dans la couvée , foit dans la première jeunelfe, fie quand elle eft au
dernier dégré , c’eft-à-dire, prefque générale fit bien avérée, le meilleur parti
eft de tout jetter, fie de fe pourvoir d’autres Vers pour ne pas perdre fon
travail fit fa feuille.
. La fécondé appellée la GraJJerie , ou la maladie des Gras , fe manifefte au
tems de la fécondé mue, ou dans le troifîéme âge. Les Vers qui en font atteints
continuent à manger pendant que les autres font dans le travail de la mue;
ils deviennent aufli plus gros , leur peau eft luifante, fie tandis que les autres
font à demi tranfparents, ceux-ci reftent opaques fie d’une couleur verdâtre
qui paffe bientôt au jaune, comme la limphe qui leur'tient lieu de fang.
Cette humeur qui dans l’état de fanté eft claire fie limpide devient purulente ,
tranifude à travers la peau , fit la rend gluante , le Ver en laifle des traces
par-tout où il paffe, falit ceux qu’il rencontre, rappetilfe fit périt enfin deux
ou trois jours après la mue de fes camarades.
Cette maladie qui fe perpétue jufqu’au dernier âge dans nos Infectes, a
G ij