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telle qu elle eft quatre jours après fa nai(Tance. Ces branches qui font épineufês
a leur bafe, font molles & tombantes au fortir de l’oeuf, mais elles fe dreffent
un moment après , & prennent une certaine conliftance. Elles-font un peu
verdâtres dans le milieu & fe terminent par trois pointes d’égales longueur.
La Chenille les garde jufqu’à fa dernière, mue , elles croilfent avec elle ,
mais perdant infenfiblement leurs belles couleurs, & deviennent enfin
entièrement vertes comme le refie du corps. Vers la fin de Juin elle change
de peau pour la dernière fois, & fubit alors la plus étonnante métamorphofe:
ce n eft plus un Infecte agile, mais une lourde Chenille qui paroît fe traîner
avec peine , & dont le corps eft grofli prefque du double , fans aucune
apparence d aigrettes ni. d’épines , de forte que, comme le remarque Made.
Semoy-Lens qui nous en a conununiqué une excellente defcription , oh la
prendroit pour deux individus abfolument différents, fi en l’élevant , on
n étoit témoin de ce fingulier phénomène. Cette Chenille achevé de prendre
tout Ion accroiffement, & c’eft dans cet état que nous l’avons repréfentée
Fig- 1 7 ï • A Les fortes éminences qu’elle porte fur le dos deviennent tous
les jours plus fenfibles , les lignes blanches obliques qui ne s’annonçoient
que foiblement font alors très-marquées ainfi qu’une bande blanche qui régne
le Ion g du corps fous les ftigmates. Sa peau eft légèrement chagrinée.
S E C O N D É T A T .
V ers le milieu de Juillet ou au commencement d’Août fuivant le climat,
elle fe forme un creux en terre, dont elle couvre l’ouverture de quelques
fils de foie , & fe fait une coque de couleur brune entremêlée de fragments
de feuilles, dans laquelle elle demeure environ huit jours ; puis fe transforme
en une Crifalide dun rouge brun, Fig. i 7 ^. c. qui reffemble beaucoup pour
la forme a celle du Verficolor ,n°. 1 69 d, PL cxxv. Elle eft couverte d’une
poufliere grisâtre que le moindre attouchement fait difparoître. Sa partie
poftérieure eft terminée par des poils affez roides en forme de ■ petits crochets
qui reflemblent beaucoup a ceux dont font hériffés les Glouterons (i).^ Chaque
( 1 ) Xanthium, Flore Françoife, tom, II, psg. n®#
P H A L È N E S . &9
jointure de fes anneaux en eft auffi garnie , mais ils deviennent plus petits
& plus délicats, en remontant vers le corcelet. Ils paroiffent deftinés à fixer
cette Crifalide dans les fils de foie qui l’environnent, & à fournir par ce
moyen un point d’appui au Papillon lors de fa fortie , qui a lieu au mois
de Mars ou d’Avril de l’année fuivante.
É T A T P A R F A I T .
L es quatre ailes du mâle en-deffus, Fig. 17 j . d. font d’un jaune foncé,
& font terminées , par une large bande pointillée de brun & bordée à
1 intérieur d’une petite bande noire. Elles font ornées chacune d’un oeil dont
le fond eft bleu violet, au milieu duquel eft une prunelle blanche qui, dans
la plupart des individus , a la forme d un T. ce qui a fait donner à cette
Phalene le nom de Tau , ou de Hachette , mais qui dans d’autres reffemble
a un croiffant mal arrondi à l’extérieur : l ’oeil eft environné d’un cercle
noir.
Le deffous, Fig. 17 j . e. eft moins vif en couleur. Non-feulement la bande
qui termine les ailes, mais encore la totalité des inférieures eft pointillée de
brun. Une petite bande blanche remplace la noire qu’on a remarquée en-deffus.
Les inférieures ont en outre une ligne blanche qui foutient la frange , & leur
bord d’en haut eft blanc. Une bande brune bordée de blanc en dedans traverfe
le milieu de ces ailes : les yeux & les nervures des ' quatre ailes font auffi
fenfibles qu’en-deflus.
Les couleurs de la femelle,, comme dans tous les Papillons en général
font beaucoup plus claires. Dans le deffus , Fig. 1 7 y. ƒ la bandé qui borde
les quatre ailes couvre près de la moitié des fupérieures : elle y eft féparée eu
deux par une ligne moitié blanche & moitié grife, qui fe termine a une
tache blanchâtre & triangulaire à l’angle extérieur.
Le deffous, Fig. 17 y . g. reffemble d’ailleurs à celui du mâle. ■ -
Nous avons repréfenté les deux figures en-deffous vues de côté , avec
les ailes relevées à la manière des Papillons' de jour , parce que déployées,
elles auroient occupé trop de place fur la Planche. Jamais les Phalènes ne
prennent cette pofition, qu’au moment où elles viennent de fortir de la