
Mikado, monde que ce Hil ea l'an 33 aTanl noire ère que les
Coréens vinreni vlsiier le Japon pour la première fois, et que
six ans plus lard on vil arriver cl s'y éiablip des emigrants de
cclIc presqu'île. Les Japonais de leur côlé se reodirenl pour
la première fois sur le conlinenl de l'jVsie en l'an 6i de
noli'e ère. Un des descendants de l'empereur chinois « Tsliiii
Clii lioang II », trouva en iç)3 le passage de la Chine au
Japon, el les Japonais entreprirent sept ans plus lard la
première expedition militaii'e contre l'vt.-it de Sii>ra dans la
l.i-cs(iu'ile de Corec. Apres l'avoir soumis, les habitants de ce
royaume envoyèrent en so5 leur premier tribul au Japon. Il
s'ctablit ca même lemps des relations entre le Japon cl im
autre état de la Corée appelé Petsi, et des anjbassadeui«
cliargés lie pié.senis passèrent récipro<jiiemenl| dans le commencement
du troisième siècle, d'une de ces contrées A l'aulre.
11 0.1 fut de mime de l'ctal Wcï dans la Clime septentrionale,
ajirès qu'une première ambassade y ei'it établi, en aSg, des
relations, par suite desquelles les sciences, les arts, les métiers
cl avec eux l'arl de la fautotmerie furent transportés de
ces contrées au Japon. L'étal de Pctsi envoya en »47 pour
la première fois des faucons à la cour du Japon i); mais les
premiers essais de chasse n'eurenl lieu, dans ce pays, qu'en
353. Voici le récit des circonstances qui y donnèi-enl lieu 2),
Josanno mijake, portant le surnom d'Amiko, ce qui veut dire
oiseleur, ayant pris dans les filets, en automne de l'année
précitée, un oiseau dont il n'avait jamais vu le pareil, le
présente au Mikado. Celui-ci fait appeler Sukcnokinii, petitfils
du roi régnant de Petsi, letjuel se trouvait depuis un an
il h cour du Japon, lui montre l'oiseau et lui demande à
quelle espèce il appartient. Le prince lui répond : . De tels
oiseaux se trouvent en abondance dans ma patrie, où ils
s'ap])c!enl « Koutsi »; on les y apprivoise cl ils rendent à
riiomme de bons services; car en les tenant sur le poing,
01) les jette sur toutes sortes d'oiseaux qu'ils prennent aussitôt
3). . Ayant appris cela, le Mikado donne l'oiseau au prince
étranger en le priant de le nourrir el l'apprivoiser. Peu de
lemps après, ce prince retourne clie/, le Mikado, tenant sur le
poing le faucon, aux pieds duquel était altacbce une courroie
de cuir, tandis que sa queue élail pourvue d'une petite sonnette
4)- '.'>'m])ercur se rendant ce même jour à la chasse
daas la plaine de Mosou, on emmène le faucon, qui prit une
quantité considérable de gibier. C'était à la suiie de cette chasse
que le Mikado établit, dans ce même mois, une confrérie
de fauconniei-s, leur assignant pour i-ésidence un endroit
appelé dès lors » Takainojoii • c'est à dire hameau d « fauconniers
5), situé il quelques lieues à l'c-st de la ville d'Oliosaka,
à celle époque la residence ciu Mikado. Des gens de celle
contree ayant dccouvcri dans la suite une aire de faucons
avec des petiLs, l'empereur «insi que son ministre composent
chaom de son mté un poème pour l'élébrer cet événnnnil.
fit depuis exercer celle chasse noble avec plus de zèle que ses
prédécesseurs, el en y employant toutes sones d'oiseaux. Dans
la suite, ce fut plus particulière nient le prince Miiiamoto Tóki
jon qui excella dans l'.irt de la fauconnerie, et dont la méthode
est encore aujourd'hui étudiée par tous les amateurs de
chasse. Ce prince, gouverneur de la pi-ovince de Déwa, dans
le Japon scptentrion.it, fut .ippelé, par le maréchal de l'empire
Minamoto Jori josi > ii la cour du Mikado Gorei zen,
qui régna depuis l'an 1046 jusqu'en 1068, pour être revêtu
de la charge de chef de la confrérie des fauconnier. L'Encyclopédie
japonaisc6), à laquelle ces détails sont empruntés,
parle d'un autre fauconnier très habile, nommé Sakoiiraui
Gon>, qui fui mandé en 1206 à la cour de l'empereur Sanetomo
à Jedo, pour donner des rensoignemenis sur I» chasse
au vol. Il y fit de nombreux essais, im'me avec une pic^rièche,
affaitée pour prendre des pinsons 7).
L'encyclopédie japonaises) comprend d'autres détails relatifs
à la chasse au vol. U male des oiseaux de chasse étant constammenl
d'une taille moins forte que la femelle, on donne, par cette
raison, à celui-là l'épilhète de S<-o, ce qui signifie le petit, il
celle-ci l'épitbcte de Taï, ce qui signifie le grand. Le faucon
socs, né el élevé dans les montagnes, s'appelle au Jupon
« Waka taka c'est à dire « jeiiiie faucon ». Son plumage est
d'un brun de terre fauve, avec des tache.s longitudinales noires;
mais, âpres la première mue, il ])rcnd une teinte d'un
gris cendré avec des bandes Iransversalesg): on le désigne alors,
soil sous le nom de . Nadc-Iaka . (en chinois .. Foti-yng »),
c'esl à dii« le faucon que l'on caresse; .soit sous ccliii de
« Kaia kaveri (en chinois P'hién P'bicn), ce qui veut dire,
le faucon dont le plumage a suiii une mue partielle 10). Le
faucon dans la troisième année est désigné sous le nom de
. Morokaveri . (en chinois Ts.iî Fhièn), c'esl il dire, le faucon
qui a mué deux fois. Le faucon enlevé du nid et élevé dans
la maison, s'appelle . Sou taka c'est à dire faucon niais;
celui qui, après avoir quille l'aire, a déjà pourvu lui-niémc
à ses besoins, s'appelle Akake, c'est i dire: faucon pris au
niei. Le.' faucons qui ont passé plus d'une année il l'état sauvage,
ne s'apprivoisent que très diiricilemcnt : ils portcnl le
nom lîe Í No?are », ce qui signifie, caillou des champs, c'est
à diie, nu sauvage qui n'est guère .susceptible de cullure. Le
faucon blanc à bec coiilcnr de cendre s'appelle « Sira taka »,
(en chinois PC yng), e'cst à dire faucon blanc; ceux qui sont
jusqu'aux ongles d'un blanc uniforme, sont désignés sous le
nom de faucon d'un Wane de neige, en chinois SuC pc yng 11);
ceux au contr;nre oil le blanc n'occupe qui: les sourcils, s'appellent
au Japon » Masiro Iaka », c'est à dire faucoii.s aux yeux
l>i:u.cs 12). Les faucons blancs furent autrefois tiv.s rechcniiés
au Japon; de nos join's, nn ne les voil que très l'aivinent, el
les regarde même dans certaines parties du la Chine comme
drs :. Pour
00 le tient perebé sur le bras jusqu'à minuit. On le porte
ensuite, après lui avoir attaché aux serres une licelle, dans
les champs, le lâche el lui apprend à retourner auprc's de son
maitre, loi-sque celui-ci l'appelle de la voix: on désigne cet
exercice sous le nom « d'Okiwatari « c'esl à dire, la promenade
dan.s le lointain. On rcpaii les faucons avec de la chair d'oiseaux.
Un moineau sulTil pour chaque repas; mais on leur distribue
le piit quinze fois par jour i). Quand on veut s'en servii- pour
le \ol <les oies sauvages, on n-iliiil à un tiers la (|nantité de
[liit ordinaire; .iffamés de celle sorte, ils ne manqueront pas
de prendre le.s oi.seanx de la plus forte taille. Loiïqu'un
(àiicoii s'est égaré, il faut se diriger vers l'est, si cola arrive
le matin, cl vers l'ouest, si cela arrive vei-s le soir î); et en
le cherchant, il faut faire entendre le cri . d'O-ou O-ou .;
cependant, s'il est de l'espccc nommée Paya bonsa (en Illinois
cSouni), on l'appelli- par le cri « bai liai ». Aussitôt
•¡ue les oiseaux de chasse entrent en mue, on leur ùte les
enti-avcs, on les met dans une grande cagc, et on leur distribue
le pàt à discrétion. Lorsqu'il arrive qu'une des pennes
de In c|neuc s'endommage, on la rétablit en y joignaiil la penne
d'un anire làucon. et on se sert à col effet d'une esjicce de
\ernis tiré de l'arbre à vernis, connu sous le nom systématique
de.Uhns Vernix».
On trouve dans un antre ouvrage japonais 3) les renscigncmcnls
suivants sur la fauconnerie au Japon. Il y est dit que
la province de Fiouga dans l'il.! de Kiousiou et celle d'iyo dans
l'île de Tosa, ainsi que les conlrécs moiit.agneuscs de Kahi.
comme celles de Tango, ne produisent que des faucons de
petite taille appelés « Ko taka On prend les faucons de forte
taille » Oho taka », dans les parties septentrionales de l'empii-c,
dans la province de Moutsou, noiamment dans lo disirict <lo
Ixtmro gava (38-37' latit. Ihu-.). Ceux que l'on prend dans le
.listrict de .Sinobou, c'est à dire dans les montagnes ii l'ouest
de l'oukon sima (37- 38" Util, bor.), sunt connus sons le nom
do .Siiiobon taka, c'esl à dire lançons de Siool.ou. l.e faucon
blanc vient do ïsliaôsién, c'est à dire do la Corée; on l'emploie
pour los vois de l'oie et de la grue. Celle contrée est le
berceau de la ch.isse an vol, et c'esl de I.Ì que nous est venu
l'ouvrage traitant de l'art de la fauconnerie 4). Los faiiconniors
dénichent oi-dinairomeni les faucons et le.s apprivnisont ensuite.
A Ojannida. dans lu province d'Ivo, on les prend aussi avecîles
niets. Il existe, dans colle province, uno baule montagne,
dont le pied s'étend jusque d.ins le.s provinces d'Ava et de
Tósa, l.es faucons, se dirigeant, lors do leurs migrations on
automne, vei-s les hautes montagnes, on los y aperooil, à
ic'iio époque, loiigoant los pai-ois de rochers csrarpés aux
ooiiloui^ oi-angéoi. Le lilcl, appelé . l ari kiri ami ». ce .pi!
i-e lilcl ton
Il a trois il quativ |
e largeur, ol les m.-iille.s
> huif-i
r . u s ro filet un
Il polii piqiiol d
de trois pieds, d'on pied de diamètre el posé horiMnlalernenl
sur le sol ; celle espèce de cage s'appelle « Teo Lsin ami >, c'esl
à dire . réseau en forme de lanterne ». On y attache perpcndiculairemeni,
sur l'un des côtés, un tuyau de bambou, dans
lequel on met un serpent arUficiol, fait de bois cl imité d'après
nature avec toute l'exactituile possible. Cet appareil ayant été
apprête après minuit, le fauconnier choisit, dans le voisinage,
un lieu favorable pour s'y cachei-, afin d'attendre les oiseaux
de proie qui s'élèvent à la poinle du jour de la rime des
arbres, pour aller à la quête de leur proie. Dès que le fau-
1 faucon, il fait
d'une ficelle, le «rpciit artificiel, dont l'apparence et les
moiivemenls effarouchent l'oiseau enfermé dans sa cage,
faucon, rapcrccvaiil aussitôt, fond sur lui el s'empêtre dans
les mailles du lilcl. Il est essenliel de choisir, pour y établir
les filets, des lieux incultes, et cette opération exige beaucoup
d'habdeté; les gens qui s'en occupoiil ne se rasent pas la téte.
de .sorte ciiie l'on peiil à peine les <iÌ5tinguer des femnies. I.es
oiseaux pris de cello manière sont bons pour le >ol du canard
et du héron. Après les avoir pris, on leur mei aussitôt
i. Ces e
savoir les jets iàils de cuir doux; l'anneau consisianl en un
morceau <le corne de cerf 011 de tige de bambou, el la ficelle
ou corde qui est 1res longue. On enveloppe les ailos el la
queue des oiseaux d'un linge en forme de sac d'un tissu de
chanvre très doux, el on a soin de l'attacher à ces parties en
l'y couMiil. Quant aux tioreelels, on ne se sert, à cet elTel.
que de papier, et on les tninsporle au m.ircliè, après les avoir
placés dans un panier spacieuv.
La fauconnerie est encore aujourd'hui regardée, au Japon,
connue une occupation noblo, et l'étude de cet an entre dans
l'éducition dos prine giien-iei-s. Un ouvrage japo-
.5) dit à cet égard
belliq.
té de fane
extrait.
: . le fauct
ent do l'offrir en cadeau aux chevaliers
c code du guerrier japonaise) renferme
rie complet, quoique Iros succinct. lin
l-a fuiiconnerie apre
l'an 355 de l'ère chrét
dii royaume de l'etsi, u
deux volumes. Cet hon
ès avoir été introduite au Japon dans
homme y apporta, en 363,
iivi-age SI
bonze; sa tòte étail coiivorlc d'une espècc de capuchon de
soie bigarrée; son habit étail large et d'une ctoiTe grossière
de coiileiir roiige, ci il portait le faucon quii appolail « Ixuli
teo .sur le In-as. I.a chns.so aii voi, ayant été, dès l'origino,
ndmisc au nonilirc des récréations de la coin-, fa dos pi-ogròs
rapides au Japon. On cile plii.s partic-nlièrcineni coninie
U'òs brilhnites Ics chasses au voi faites par l'omperenr régnant
dopnis 782 à 8d4; et parmi ses succes-scurs, ce fiirenl l'empei
enr l'éi zc'i, qui régna pendant Ics années 80C à Sog, el
l'cmpercur Saga, <|iu regna depuis 810 ii 8i3, qui élaienl
célèbres par l'amour qn'ils portaienl ù cet ari. Eu 870. 011
apporta du pays P'hù hai. .mcloii arron<li.s.scnient à roMrémité
Xoi-d-list de Chaii tonng, l'ouvrago Maha yng king, c'osi à
il