
Nous avons vu que h grando chasso de l'empereur de
Cliine se faisait <lai,.s le pajs des Maiiielioux; il paraît cepen-
<iaiu. par « qui va suivi^e, que les Maniclioux eux-mêmes
uc se livrakul, du moins dans le siècle prceédeiil, pas à cet
cxei-cice. Kieu-Long, si-iième empereur chinois de la dynastie
Mamclion, qui fiorissail au milieu du si.icle passé, eo donnai«
uuc description détaillée des exercices militaii'es de cliasse <les
^fan^cllOUx', n'y fait millemcnl mention de la eliassc au vol, Il
dit mime ¿n compaiant les citasses des Chinois à celles des
iVlnnlcIioux : . L«i hrilbnts équipages de Ouang-Ieang et de
Sien-ngo n'ont rien qui puisse être comparé au simple mais
noble appareil .le nos gnerriers cliasseu,^. Qu'ot. cesse de nous
vanlei- le speclaclo de ce million d'Iiommes armés et revêtus
.le leui's cuii-asses, qui, montés sur des chevaux agiles et fins,
.luclxaient des épen iers, excitaient des cliicus, couraient à bride
al,aune, gnmpaieni jus.pie sur la montagne Tagchan, comme
s'ils fussent montés sur une simi>Ie terrasse ou sui' un eliariol
de transport, en descendaient avec la même aisance, batlaient
lu pays jusqu'à la mer de Pohaï, la couvraient de leni« filels,
la pissaient el revenaient ens.iite pour ••eeevoir des applau.lissements
et jouir de la gloi,^. Un tel spectacle, je l'avoue,
ne saurait sonfl'rir le parallèle de celui que présentent nos
l>ons Maniclioux.)..
Ce sont ))rohabIemcnl des Irilu.s mongoles qui ont apporl<:
la fauconnerie en Perse- Nous avons déjà constaté plus haut.
que les califes <
la Perse de la dynasli
l)rince de celle dynastit
ut la chasse au vol dès le huitième
lit également i. la cour des Khans de
mongole. Une ordmniance de Gaian,
qui ivgna depuis 1 agS jusqu'en i3o4, a
été prineipalemcul publiée dans le hut de réprimer les extorsions
que se permeltaient les faucon nie« qui allaient pi-ciidi^e des
.>iseanx de chasse et des guépaiils. Leurs gages étant a.ssignés sur
les revenus des provinces, il., se faisaient payer, à coups de hSion,
des branches de revenu les plus productives; ils exigeaient
des presutions imn>odéi-ces en vivies et en loin-rages^ils se
laisaient mime donner des obligations, el lo.squ'ils se rendaient
dans la ^ilie avec quelques nns de ces animaux de chasse,
ils prenaient, dans chaque endroit, beaucoup de chevau* de
poste |>ou.' eux, leiuï bagages cl leui-s compagnons; encore
donnaienl-ils la plupart de ces animaux de chasse à leiu-s amis
ou au iii-emiei' venu; ceux-ci, cUint devenus posse^seui's d'un
animal p,-opre à la chasse, allaient demander, à ce litre, une
pau-nic- de veneur, qui les exemplait de
« charges
Icnr donnai! le privilège de ve
I' et pi-essurer les habilan
U-s fauconniers et ¡es officiei-s
! vénerie se faisaicnl sui^
d une multitude de palefreniere.
luleiiers, chainelieis et m
ITS de village, <,ni tous avaieiil
ceinlni-e garnie de pinin,
el une porche pour h-s oiseaux
\illagc e» village, volant, pillant, dévalisant les individi
lient, iusullaia ceux qui poriaieni des ornem«
IX leurs etc.; ce qni eut pour snile <[
dier à ces abus. Gazali oi-donna d'abord ii
.. Pour
des provinces à la cour que mille faucons et trois
paHs; que l'on dressai un état des faneonniei« el'
placé, et de défendre que peiionii
Il nva les prix
seraient payés pour le:
sées, cl les gages des veiieun
nombre des animaux dont ils
Quant aux fauconniers de la cc
toujours, par avance, des dei
s élevés se
netlre lin Ìfeiu, e
, iifut réglé qu'ils it
IX de cha& confiés à leu IS. Il fut^stai
s îppoinles
fois
que loin les
t envoyés au loin pour chasser au faucon,
:au.x, il leur serait fmirni des chevaux de
munis d'assignations à sceau d'or sur les
revenus des lieux vers )es<|ue;s ils se dirigeaient. Enfin, pour
oler loul prélcxle aux abus, il devait cire fouini poui- les faucons
particuliers du prince, une certaine quantité de volaille
et de pigeons qui étaieni gardés en cages a),
Tiinur, exerçant, à l'exemple do ses ancêtres, la chasse en
grand, n'était pas moins amateur de la fauconnerie qu'eux': il
chassa, dans les environs de Bochara, des cjgnes avec l'espèce
d'aigle a|.pelée Toghriil. Après avoir terminé l'expédition "de
l'Inde, il lit une grande chasse, dont il est dit, que les faucons
ne laissèrent en vie dans tout le pays ni perroquels, ni faisans,
ni [laons, ni canards. Knfin, les peuples qu'il avait .soumis,
en lui rendant hommage, lui ptéscntêrenl des gerfauts, cl
lui eu envoyèrent par la suite tous les ans 3).
l-c livre de fauconnerie turc, publié par M. von Hammer 4),
Cl écrit au qiiatomème siècle pour le prince de Menteselie.
fournit la preuve que les princcs de la trihu des turcs Scidjouks
se livraient également au plaisir de la cbasse an vol. — Il en esl
de même .les princes <ic la tribu des tu.-cs Osmans. Hajesid,
avant fait prisomiier, dans la funeste journée .le iNicopoMs, 1,.
la neurde la nohle.sse française, Charles VI
ice turc des présents consirlctables et entre
q8 Septembre
nipanenirà,
antres des fan
blancs, envoy
son fds le co'i
és par le duc .le lîou.^ogne pour la raiiçoii de
nie de Nevers 5). Bajesid donna à ces ch.;valiei-s
; leur déparl. le spectacle d'une grande chasso
— .-Vmural 11 cnU-elenail sept-mille faucoiinie.-s'
n fils Mohamme
is les lani:
s de c
Il cpii, en
'OS. Il dimi.
IÍÍ53, lit
U'S Shahs de la Perso n
•s la ehass.' n
.l.ie leiii? i>i-edéccsseurs des dxnasi
et mongoles.
din,i|ui fit,au milien du .h\-5epti
six ans -I Upahan, nous a laissé, sur la fanconnerie en IW' , des
détails d¡g.,es d'ctre rappoi lés 8). Us voici. . On prcnd en P.-.w
des Oisea.ix de proye vers l'Hérie, „u .\or,l de la Medie, el Pon
en app.,, le laut d'uideni's. q.ie je n.. sai sil y en a.icun
Pais d.i mond.-. 1.a I W esl fon bien .siln,.e noiir c,.h., élani
proche du mont Caucase, de la Circassio, et de la Moscovie,
d'oi. viennent les plus beaux oiseaux de pioye, On en prend
aussi beaucoup dans les montagnes à quinze-ou vingt lieues
de duras, dans la province de Pciîc; et même on dit qne
c'est de là que viennent les plus grands oiseaux de proye.
On les y fait élever aussi merveilleusement bien à voler,
l.es Pei-sans dressent à voler jus<jues à des corbeaux. Il y u
loujonrs liuit-cenis oiseaux de proje entretenus à la vénerie
du Itoi, chacun avec son officier. Ce sont épenieii, faucons,
êniérillons, gerfauts, tiei-celets, autoni-s, laniei-s, ou sacres.
Tous les grands seigneui-s en enlreliennent aussi bon no.nbre
pour la chasse, à quoi les Persans sont fort adonnés dès leur
jeunesse, car chacnn a la liberté de chasser à l'oiseau, au fusil,
et aux chiens; cela u'esl défendu à pcisoune. On voit en tout
temps, par toute la ville et à la campagne, les fauconniers aller
et venir l'oiseau sur le poing; et comme les oiseaux de proye
sont uii présent que le roi fait souvent aux grands, snrioul
aux gouverneurs de province, on les voit alors, sept à huit
jours de suite, l'oiseau qui leur a élc .lonné sur le poing,
on a côté d'eux, qu'ils peignent et caressent, en louant incesile
pierreries, et des gi-élots d'or. Les grands seigneni-s ont aussi
des ganls à tenir l'oiseau, qui sont boixlés de pierreries, cl
ils mettenl à leurs oiseaux de» jets et des vervelles d'or. On
appelle la vénerie en Pei-se, Baskané el Cuchskané, Maison
d'oiseau trompeur. On y lient regislre des oiseaux qu'on donne
au roi et <[ue le roi donne, et Ics lenips sont inanpiés, et
comment l'oiseau étoil fail. volerle est de grande dépen
e dans
el rien que de cela, et y en avant à qui il faut don
le long du jour de la volaille, sans autre aliment. Il
pas oublier à faire mention d'un oiseau de proye, .
di: Moscovie, beaucoup plus gros qne celui dont j';
i;ar il est presque aussi gros qu'un aigle. Ces oise;
n'y a que lui seul qui <
liiiup en l'erse d'évalué.
atoir. Comm.
«seaux sont mis à cent Tomans la
i éciis, et s'il en nieiirl (piclqu'i
en a])porle à Sa Majesté hi tèle
•mpte de l'oiseau comme s'il élait >
<x el les làchenl sur les grues, c
tels ils buiK'henl les veux, afin i|u
minent voler, .\pros quoi ils se si
e passage, les aigles el les grues, lus canar.ls et les
oyes sauvages, les perdrix et hi caille, secondement, le lapin el
h. lièvre. On les .liesse aussi à arrêter loiiU-s sortes de hélcs
fanvcs, excepté le sanglier; el la imiuière d.' lus y dres,ser esl
d'attacher la viande d»nt on les ivpail sur la tête d'mie de
CCS bêles écorchées dont la peau est remplie de paille, el qu'on
.1 de ,, >ye y mange, alin de l'y
L dressés, on les fail chas:
•. O'ia.id c
micreinent la bêle jusqu'à ce q.i'elle soit bien lasse, et alors
on lâche roisean dessus. Il se plante s.ir la léte, lui 1>at les
yeux de ses ailes, et la pi.jue de ses serres cl de son bec;
ce qui élou,-dil si fort cette hétc ci-ainlive, qu'elle tombe, et
donne le temps aux chasseurs d'y arriver. Quand la béle est
grande, on lâche plusieurs .nseaux, qni la loumicnteut l'un
après l'autro. O.i ne lâche |>oint d'oiseau sur le sauglier, comme
je l'ai remarqué, parce qu'il n'est point craintif, mais furic.x
au contraire, el qu'il déchire l'oiseau. On en î élevé a ariiMer
les hommes. Cela était commun au commencement du siècle
passé, et l'on dil .[.l'il y a encore des oiseaux dressés à cela
dans la vénerie du roi. Je n'en ai p.is vu ; mais j'ai ouï raconter
(|u'Aii-Co.ili-Can, gonveruenr de Tauris, que j'ai connu assez
patlieulièremcnl, ne pouvait s'empêcher de prendre ce dangereux
et crnel divertissement, même aux dépens de ses amis;
et il arriva un jour, qu'ayant lâché un oiseau sur un geiililhomme,
comme on n'alla pas assez vile pour le reprendre,
l'oiseau lui creva les yeux, et il mournt de la frayeur el du
mal: de quoi le roi ayant été infoi-mé, il en lut si forlement
indigné contre le gouverneur, que cet accident contribua beaucoup
à sa disgrâce, qui arriva peu après. Cel oiseau attaque
. les hommes, comme il fait les bêtes; il s'abat sur la lète, et
il bat et tiraille le visage de ses ailes cl de son bec, si l'on
ne va promplement reprendre l'oiseau, car aloiî il n'enlend
plus la voix ni le tambour, el il déchire le visage, sans qu'on
puisse l'empêcher. Coiuiue tous les gens d'épée soni chasseius,
ils portent ordinairement à l'arçon de la selle une petite limhalo
de huit à nenf pouces de dianièlre, el surtout lorstpi'ils sont
à la campagne, c'est pour appoller l'oiseau en frappa<it des.sns.
On appelle ce tambour Tavelabas».
KiiinijiTer i), <|ui visita celle même résidence vei-s la (in
du dix-septième siècle, conlirine que la maison où se tenaient
les oiseaux de la fauconnerie royale, ressembhiil plnl.'.t
à un palais, qu'elle se Irouvail dans un parc étendu et d'une
beauté reinaix)liable, et qu'elle était sous l'intendance du gnind-
1 fa^.
des princes el des nobles de la Perse. Jaubert en visitani
le camp d'élé de la cour, doiil les tentes élaiunt di-essées
dans une plaine près des mines de Sullaniéh, sur le grand
plateau d'Iran, assista aux chasses royales et nolammi-nt aux
chasscs à l'oiseau, qne le roi aimait tout parlieuliêremcnl.
I,es faucons dont on se servit, provenaient des slejipos boi--
.lant les rives septentrionales des lacs Caspi et Aral; ils élaienl
affailés pour le vol des oular.ies, des lapins, des lièvres et
des g.nzelles; ils prenaient ces dernières en leur crevanl les
ye.ix; on volait cgalemenl le canard 2). Morier 3) fut témoin
<les cbasses an vol laites dans la plaine de Bou. hir, et Conolly 4)
raconte que dans les monis Toha, sur le plateau d'Iran, l'on
chasse les hyènes avec des faucons el des chiens. — On .foil
à Sir J. Malcolm 5) des ohse.valions assez .-..rieuses s.ir la
chasse au vol en Pei-se; nous en donnons finirait suivant. Ce
voyageur dcc.-il d'abord le vol de l'anlilo|>e, lequel se fait
da..s le d.'-sori s'élcdanl le long d<.s cotes de la mer. I':n se
ren.h.ni à h. chasse, les chasseurs, munlés il cheval, porlenl