
que très-imparfaitement, ou bien à des espèces tout-à-fait inconnues-. Je
sais par expérience l’embarras causé par des diagnoses insuffisantes en
déterminant les ichthyolithes-; je suis convaincu de la peine que l’on a
à reconnaître les espèces à l’aide de notices imparfaites. C’est pourquoi
je me sois cru obligé non seulement de décrire les espèces nouvelles
que j ’ai rencontrées, mais encore de compléter autant que possible les
déterminations ou les diagnoses des espèces dont on ne possède jusqu’ici
qu’une description trop peu succincte. J ’ai voulu suivre, autant qu’il me
serait possible, l’exemple de M. A nd* . W a g n e r , et comme lui je ferai
non seulement une description, mais je présenterai encore à mes lecteurs
une figure de quelques -fossiles décrits avant moi.
J ’ai donc cru devoir m’occuper de la description d’une nouvelle espèce
de Leptolepis; de deux nouvelles espèces de Tbrissops; d’une,
nouvelle espèce de Belonostomus ; de la partie caudale d’un autre
Belonostomus, (le B. Münsteri Ag.) dont on ne connaissait encore que
la tête et la partie abdominale du corps ; de trois espèces du genre Aetha-
lion M ü nst . , seulement, connues par quelques phrases trop courtes, espèces
appartenant à un genre représentant une réunion assez anomale de
caractères et qui semble encore laisser des .doutes sur la place qu’il
doit occuper dans le système. M. H eck e l ne le place point dans l’ordre
des ganoïdes, parce que la colonne épinière des Aethalion semble être
complètement ossifieé et se termine comme dans les teleosteëns (steguri).
Les espèces de ce genre ont des écailles rhoinboïdales et émaillées, et
par conséquent tout-à-fait le caractère de vrais ganoïdes ; M. H eckel
veut qu’ils ont des fulcres sur la nageoire caudale, caractère nié par
quelques autres auteurs et que moi même je n’ai pu trouver non plus.
De plus on trouvera dans mon ouvrage la description d’un nouveau
genre, le genre Brachyichthys, que j’ai cru devoir placer à la suite
des Aethalion et avant les Lepidotus. L’unique. espèce. connue jusqu’à
présent trouve sa place à la fin de la description du genre. Deux
nouvelles espèces de Caturus sont décrites ensuite, et suivies de la
description de deux nouvelles espèces de Gyrodus. Enfin je terminerai
par une description d’une caudale gigantesque et si extraordinaire.
qu’elle mérite l’attention particulière de tout paléontologue.
Pour placer cette: caudale dans le système, je me suis vu forcé de
l’associer au genre Tetragonolepis. Toutefois je ne l’ai fait qu’en hésitant,
parce que jusqu’ ici on n’a rencontré qu’une ou deux fois ce genre dans les
étages jurassiques supérieurs. Peut-être sera-t-on forcé un jour de créer un
nouveau genre pour les poissons qui se distinguent par une caudale comme
celle dont on va lire la description, c’est-à-dire aussitôt qu’on sera assez
heureux de trouver des exemplaires moins imparfaits que le nôtre. G’ést donc
provisoirement que j ’ai rangé l ’espèce en question dans le genre Tetragonolepis,
et c-est pourquoi j ’ai cru devoir mettre Ta description à la
fin de mon traité, et non à la place qu’elle devrait occuper systématiquement
, c’est-à-dire après mon genre Brachyichthys. On trouvera dans
cet article les raisons qui m’ont porté à placer cette caudale parmi les
Tétragonolepis.
Dans l’arrangement des genres, dans les déterminations et les noms
des familles, des tribus et des ordres, j ’ai suivi l’excellent ouvrage
de M. P ic t e t : Traité de Paléontologie, 2”“ édition, Paris 1,854,(livre
indispensable pour bien connaître l’état actuel de la science.
En rencontrant une nouvelle espèce j ’ai toujours tâché de fournir toutes
les preuves possibles de la vérité de ce que j’avançais, soit en
rappelant les caractères essentiels et distinctifs des espèces connues du
même genre, soit en composant un tableau comparatif des principaux
caractères. D’ailleurs, tous les individus décrits sont toujours accessibles
aux naturalistes, qui voudront les examiner et les comparer avec
les espèces décrites ; leur visite ne pourra tourner qu’à mon avantage,
soit en me confirmant dans ma manière de voir, soit en m’obligeant de la
modifier. Du reste j’ai numéroté tous les exemplaires et j’en ai fait des catalogues,
contenant le nom de l’individu ainsi qu’une courte diagnose
et un renvoi aux ouvrages où les espèces sont décrites. Ces catalogues
sont déposés dans les musées.
Je ne puis terminer cette introduction sans exprimer ma grande reconnaissance
à M. van B r ed a de la bienveillance qu’il m’a témoignée en mettant
à ma disposition non seulement sa magnifique collection de fossiles et