
5 centimètres, et du bord inférieur de la même colonne jusqu’à la
ventrale de 10 centimètres: ainsi il paraît que le notochord a 1 centimètre
de largeur. La tête est large et occupe depuis l’extrémité de la
mâchoire supérieure jusqu’au bord postérieur de l’opercule 8,5 centimètres,
ce qui est plus que le tiers de la longueur totale du corps. On
retrouve ici l’orbite grande du G. macrophtlialmus, mais comme le corps
entier de notre G. dicliactinius est plus long et plus large que celui
du premier, il parait que l’orbite du dernier est relativement plus
petite. Le profil de la tête est moins perpendiculaire que dans le
G. macrophtlialmus. Les os du crâne ne sont pas assez bien conservés
pour etre reconnus, mais ils sont couverts d’une granulation fine et
très-visible, surtout dans la région de la nuque. On ne reconnaît de
l’appareil opereulaire que le fragment d’un os, qui semble être le subopercule;
cet os n’est pas d’une structure rayonnée comme celui du
Gyrodus macrophtlialmus.
- Ce sont surtout les nageoires qui méritent notre attention, par ce
qu elles nous montrent une particularité que mes recherches assidues
m ont fait envisager comme sans exemple, non seulement dans le genre
Gyrodus et dans la famille entière des Pycnodontes, mais .encore dans
toute la classe des poissons tant vivants que fossiles. C’est-la construction
extraordinaire des rayons des nageoires dorsale et anale, et celle de
deux rayons de la caudale. Jetons d’abord un coup d’oeil sur cette
dernière nageoire.
La caudale est grande et largement fourchue: les deux lobes en sont
allongés et étroits. Elle est portée par un pédoncule assez fort, au lieu
d’être accolée immédiatement au tronc, comme cela se voit dans plusieurs
autres Gyrodus, et c’est par ce pédoncule qu’elle ressemble tant
soit peu aux queues des Pycnodus. Le notochord y forme une courbe,.
de sorte qu’il se dirige vers le lobe supérieur de la caudale, comme
cela se voit dans tous les poissons hétérocerques. Toutefois, le lobe
inferieur n est pas plus court que le lobe supérieur, au contraire, le
premier semble être le plus long. Je crois cependant que cette moindre
longueur du lobe supérieur n’est pas la conformation normale de la
caudale, et que cela provient seulement de ce que ce: lobe se trouve
cache plus ou moins dans la roche : en 'sorte qu’il est assez vraisemblable
que les deux lobes Sont d’égale longueur. Ainsi nous trouvons dans
cette caudale équilobe, à notochord ■ dirigé vers lè lobe supérieur, un
exemple de ce que M. Owen a nommé subhomocercal. Ce savant dit
dans son Taiaeontology 1) ,,Bv this tèrm is meant a symmetrical shape
of the tail fin, with an unsymmetrical development of the supporting
spines, the terminal vertebrae inclining to the upper lobe.”
Les rayons de la caudale sont en général articulés, : et tous les articles
sont à peu près de la même longueur, de manière qu’on ne trouve
pas dans le G. diehactiriius «Inégalité de la longueur des articulations,
un des signes caractéristiques du G. macrophthalmus. Les grands rayons,
quoique articulés, ne? : sont pas fourchus, tandis que les petits rayons
extérieurs ne sont ni articulés, ni fourchus. Ces derniers sont au nombre
de 4 à chaque lobe, de sorte qu’il est composé: 1°. de 4 rayons courts
et . solides, dont le premier est le plus court, et le quatrième le plus
long; 2°. de 10 ou de 12 rayons articulés, qui se terminent en pointe
plate mais non fourchue; et 3°. de 7 où de-8 rayons articulés et fourchus,
qui semblent se diviser en quatre branches-. De plus, on trouve
au milieu de la caudale, c’est-à-dire entre les deux lobes, deux rayons
très-remarquables, quoiqu’ils soient les plus courts: ils sont divisés en
10 ou 12 branches..
La dorsale commence au dernier troisquarts du dos, et par conséquent
plus en arrière que celle du G. macrophthalmus. C’est dans- aette
nageoire et dans l’anale que nous trouvons des rayons doubles ou à deux
branches, qui m’ont suggéré l’idée de donner à l’espèce: le nom
de Gyrodus dichactinius. Le .premier rayon de la dorsale est petit
et non articulé, ensuite on trouve 14 rayons articulés mais non
branchus, formant un lobe assez saillant et pointu, le premier de ces
14 rayons étant le plus long, et le dernier le plus court. Les rayons
suivants, au nombre de 26, s’étendent jusqu’à la caudale; tous sont
1) pag. 140..