
Classe, P O I S S O N S .
sous-ci. GANOÏDES.
«rd. GANOÏDES RHOMBIFERES.
Fam. LEP IDO S TE IDE S. -
Tribu, LE P ID OSTEÏDES HOMO CE R Q U JSS A
POTICHE E T É CAI I L MS NO RM:AIE8 E T
A D ENTS CBOCHUES E T ISOLÉES.
Genre, CATTJRUS.
E s p . Caturus ferox, W k l r .
Kg. 10.
Le genre Caturus est très-riche en espèces. Sans parler des espèces
qui se trouvent dans d’autres localités, on connaît du calcaire lithographique
de Solenhofen et de Kelheim plus d’une vingtaine d’espèces,
dont huit ont été décrites par M. A gassiz , huit par M. le comte de
M u nster , et quatre par M . A n d . W a gn er. Pourtant je crois avoir rencontré
encore deux nouvelles espèces. Au premier abord j’envisageai
l’une des deux comme le Caturus obovatus, M ünst. L’examen des-
détails m’a convaincu cependant que mes deux espèces sont encore
inconnues aux naturalistes. Examinons dans cet article l’individu que
j’ai nommé Caturus ferox, et que nous confronterons en même temps
avec les espèces déjà connues.
Il serait tout à fait inutile de vouloir discuter sur la famille et la
tribu à la quelle appartient le C. ferox. La dentition nous prouve assez
qu’il est membre de la famille formée, par M. A gassiz des poissons
à grandes dents crochues et isolées, la famille des Sauroïdes de ce
savant, celle,des Lépidosteïdes de-feu M ü l l e r . M. P ictet a divisé
cette^famille en cinq tribus, et il a placé le genre Caturus dans la
troisième tribu., nommee a la tête de cet article.
La dentition de notre exemplaire est très-remarquable, par la grandeur
relative des dents pointues et isolées qui garnissent les mâchoires
supérieure, ét inferieure, La grandeur et le nombre de>ces.dents, autant que
1 ampleur extraordinaire de la bouche, prouvent assez clairement que le
poisson a dû être trè§-vorace, et pour cette raison je propose de le
nommer. Caturus ferox. Ces mêmesi dents prouvent aussi que mon
individu n’est pas le C. obovatus, M ü nst . dont cet auteur a remarqué
„qu’elle a de petites dents- coniqups.” Personne n’oserait
déclarer que les dents du C. ferox sont petites. Les espaces qui séparent
Igs dents sont plus grands que les dents .ne sont larges. Quoique
toutes les dents ne soient pas visibles, elles sont recouvertes en partie
dune masse pierreuse, que je n’ai osé ôter de peur de gâter l’exemplaire,
— on en peut néanmoins compter 22 ou 24.
L’individu en question, le seul qui m’est connu jusqu’ à présent, est un
petit poisson de 10 centimètres de longueur sur 2,5 centimètres de largeur.
La plus grande largeur est en .avant de la dorsale et des ventrales.
La tête est très-grande en proportion du corps, elle a 2,5 centimètres
de long de 1 extrémité antérieure de la mâchoire inférieure jusqu’ au
bord postérieur de l’opercule, et conséquemment la tête est au corps
à raison de 1 : 4. L’orbite est peu grande et située très en avant. La
gueule tres-fendue et a large ouverture est armée, comme je viens de
le dire , d’une rangée de grosses dents isolées et pointues dans chaque
mâchoire. Il me semble que la mâchoire inférieure dépasse un peu la
supérieure, mais comme cette dernière est tant, soit peu mutilée,- je
n oserais 1 assurer. Il se pourrait aussi que les deux mâchoires aient été
d une longueur égale , mais que l’inférieure ait glissé un peu en