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on ne saurait non plus déterminer le nombre des rayons, bien qu’il
paraisse que ces rayons étaient plus longs que ceux -des autres nageoires
paires. La caudale est mutilée comme les autres nageoires, mais
il est certain qu’elle était largement fourchue- et que le lobe supérieur
était plus long que l’inférieur, ce qui est prouvé suffisamment par la
tache brune que l’on trouve à l’endroit où l’on peut supposer que les
extrémités des rayons Se trouvaient. La direction en haut de la
colonne épinière, l’insertion de la plupart des rayons de la caudale
en dessous de l’extrémité de la colonne, nous fortifient dans cette
idée. Il est à regretter que ce soient précisément les deux grands rayons
qui sont totalement perdus, car à cause de cette perte il est impossible
d’observer la moindre trace de fulcres, qu’on trouverait sans doute sur
ces rayons. Je crois que la caudale se compose d’au moins 40 rayons.
Je n’ai pas trouvé une trace d’articulations, ni de bifurcations des
rayons, ni dans les nageoires impaires, ni même dans les nageoires
paires, et ce fait constitue une différence notable entre le O. ferox et'
le C. furcatus, dont les rayons sont très-divisés et articulés. De même
M. Agassiz dit du C. latus que ses rayons sont divisés nombre de
fois et articulés jusqu’à leur base.
Les écailles sont très-petites et rhomboïdales. Autant que l’on peut
en juger il paraît qu’elles sont minces, lisses et à bords unis.
Maintenant il sera nécessaire de confronter mon C. feïox avec les1
autres espèces du genre. Pour le' moment je ne veux énumérer que
les caractères les plus distinctifs. Le C. furcatus a la têtèT‘courte',
équivalant au cinquième de la longueur totale du corps,, lés rayons des-
nageoires articulés et divisés, les dents formant un râtelier très-serré.
Le C. ferox a la tête grande et occupant le quart de toute la longueur-
du corps, les rayons des nageoires paraissent ne pas être articulés et
divisés, les dents ne forment pas un râtelier serré, et laissent des
interstices environ aussi larges que l’épaisseur des dents, Le C. latus
a des rayons articulés jusqu’à leur base, la tête est contenue à peu
près cinq fois dans la longueur du corps, différence assez grande
d’avec notre C. ferox. Et de plus -—--le C. pachyurus, espèce à queue
épaisse et dont te corps est tout d’üh'ë vënuè; ië O. ihaxiiflüs1; Eéthat'-
quable par le prolongement 'démëé'dré dès Ibîres de là bâddalë, qui dût
quelquefois jusqu’à piësq'iïè' 3 décimètres de long ; lé C. imcrôcMriis à pèbfd-
râles larges mais courtes, et dont les dents dé la mâchoire inférieure SiVn't
plus grandes et plus éloignées les1 mies dès' âütre's ipië célïéd tîè fi
mâchoire supérieure; le C. elongatus, espèce allongée, à peu près tout
d’une venue, à tête grosse, à caudale très-développée; le C. angus-
tissimus, dont la largeur est en raison de la longueur comme 1 est
à 7 ; le C. ovatus à longues nageoires dorsale et caudale ; le C. granu-
latus a écaillés granulées ; le C. obovatus à petites dents coniques —
toutes ces espèces diffèrent plus ou moins considérablement de mon
Caturus ferox.
Il ne m’a pas paru nécessaire de composer un tableau comparatif
des espèces du genre Caturus, parce qu’on ne possède de description
détaillée que de deux espèces, c’est-à-dire du C. furcatus et du
C. latus, et des autres rien qu’une courte diagnose. Je prends la liberté
de renvoyer ici le lecteur aux ouvrages précieux que j ’ai déjà eu l’occasion
de citer souvent, surtout à A g a s s iz , Poisson foss. Tom. I l ,
part. 2, pag. 116 et Planches Vol. II. Tab. 56 et 56“; à L eonhaedt
md B b o n n , Neues Jahrluch, 1839, pag. 676—682, et 1842,
pag. 35; et enfin à P ic t e t , Traité de Paléontologie, 2me Édit,
pag. 170, etc.
L’exemplaire remarquable décrit ci-dessus est le seul que j’aie pu
trouver parmi les nombreux ichthyolithes du calcaire lithographique de
Bavière, déposés dans le musée teylerien. Il est certainement bien à regretter
qu’on ne possède pas un dessin ou une description des détails
du Caturus obovatus, M ünst. fossile qui pour ce moment se trouve
probablement au musée de Munich. Il se peut que M. le comte de
M ü nster ait nommé petites les mêmes dents que j ’ai cru devoir
nommer grandes, par rapport à la taille du poisson. J ’invite le naturaliste
qui aura l’avantage de pouvoir faire des recherches dans le
dernier musée, à confronter ma description et la figure n°. 10 avec
le Caturus obovatus, Münst. Dans le cas qu’il trouve ma description