
de faire la description d’un poisson déjà connu, que j ’ai décrit l’individu
qui forme le sujet de ce chapitre. Pour m’assurer de la nouveauté
de l’espèce, j ’ai dû la confronter avec les nombreuses descriptions de
Gyrodus. 1) Grâce à ces études fatigantes mais nécessaires j’ai enfin
acquis la certitude que c’est une espèce vraiment nouvelle, que j ’ai
rencontrée dans le musée teylerien. J ’espère pouvoir prouver la vérité
de ce que j’avance.
Le poisson fig. 12 me parut au premier abord être le Gyrodus
macrophthalmus, As. mais après un examen plus minutieux j’y trouvai
tant de signes spécifiques et en même temps des caractères tellement
différents de ceux du Gyrodus en question, que je n’ai pu hésiter à lui
donner un nom, et que je me suis appliqué à faire la description
détaillée de l’exemplaire que j’avais à ma disposition. - Avant de
procéder à cette description on me permettra de fixer préalablement
l’attention sur quelques particularités dès genres Pycnodus, Gyrodus et
Mesodon, non seulement parce que au premier abord on pourrait aisément
confondre ces genres, mais surtout pour prouver que l’individu
fig. 12 est un Gyrodus et non pas un Pycnodus ou un Mesodon. 2) On
sait que la forme du corps des Gyrodus rappelle à tous égards celle
des Pycnodus et des Mesodon, et qu’il n’y a que la dentition; qui
distingue ces genres les uns des autres. Tandis que les; dents des
Pycnodus proprement dits sont allongées en forme de fèves,, e t. que
celles des Mesodon sont en pavé, formant un ovale allongé, légèrement
creusées, et striées, celles des Gyrodus par contre sont elliptiques du
circulaires, et leur couronne, au lieu d’être unie, est entourée d’un
1) Voyez: Ag. Poiss. foss. Tom. II. part. 2 pag. 223.
Giebel, Fauna der Vorioélt. T. I. 3. p. 176.
Mü n st e r , Beitràge zur Petrefaktenkunde. Tom III.
Wagner, Abhandl. d. Bayer. Altad. 1851. T. VI. pag. 7. pL 1 et 3.
L eonhardt und Bronn, Neues Jahrbueh, 1839. pag. 679, et 1842. pag. 45.
2) Quant au genre Microdon nous n’en parlons plus, depuis que M. A nd. W agner a montré
dans les Abh. d. Bayer. Akad. 1851, T. VII. pag. 34 que les espèces de ce genre doivent toutes
être réparties entre les Pycnodus et les Gyrodus, et que le nom de Microdon doit être
abandonné.
sillon qui, en séparant le sommet de la dent de son pourtour, lui
donne une apparence ombiliquée très-caractéristique ou bien l’aspect
d’une grosse papille cerclée. Les dents de la mâchoire inférieure sont
toujours implantées obliquement sur l’o s, du moins celles des deux
rangées principales, et leur surface est plus ou moins rude au toucher,
quoique quelquefois unie et lisse. C’est pourquoi nous lisons dans les
Poiss. foss. d’ÂGASsiz. 1) ,,I1 faut se mettre en garde contre l’apparence plus
ou moins unie des dents; et ne pas lui accorder une valeur qu’elle n’a
pas , en la rangeant parmi les caractères spécifiques. Je me suis assuré
par l’observation de plusieurs mâchoires complètes, que dans l’origine
la couronne de toutes les dents est ridée, plissé,e et rugueuse, mais
cette .rugosité disparaît par la mastication, et une dent sera d’autant
plus lisse qu’elle aura servi plus longtemps.” Ces phrases me serviront
non seulement à démontrer que mon individu est un Gyrodus, mais
en même temps à prouver qu’il est d’une espèce inconnue jusqu’à
présent.
Comme, je viens de le dire on pourrait confondre facilement cette
espèce avec le G. macrophthalmus: on court le même risque à l’égard
du G. frontatus, du G. rugosus et d’autres. Il a la même forme générale,
les mêmes dispositions, les mêmes formes des nageoires. Cependant,
pour ne pas s’exposer à un jugement erroné, il ne faut pas se borner
à ces caractères généraux : aussitôt que l’on entre dans des détails on
reconnaît les différences notables que nous allons examiner.
D’abord la forme du corps est un peu plus svelte que celle, des
autres Gyrodus, et elle n’a pas, quoique toujours trapue, l’aspect
tronqué des autres espèces du genre. La longueur totale du corps, depuis
la pointe du museau jusqu’à la dernière vertèbre caudale, ou pour
parler plus exactement jusqu’à l’extrémité du notochord, est de 24
centimètres. La hauteur, prise de l’endroit le plus élevé du dos jusqu’à
l’insertion de la nageoire anale, est de 16 centimètres. Du bord supérieur
de la colonne spinale jusqu’au dos on trouve une hauteur de
1) Voyez: Tom. II. part. 2. pag. 223.