
LE BELONOSTOMUS MÜNSTEBI, Ag.
Fig.-5.
Parmi les ichthyolithes du calcaire lithographique, qui font partie
des deux collections nommées déjà plusieurs fois dans les -articles
précédents, on trouve quatre exemplaires du Belonostomus Miinsteri.
L’un de ces individus, propriété de M. van B r e d a , est comprimé de
haut en bas, au moins en ce qui regarde la tête, tandis que le corps,
dont seulement la moitié antérieure, la tête avec la partie abdominale,
est conservée, n’offre aucune particularité. Des autres individus on ne
retrouve que la moitié antérieure du corps avec la tête ; la queue ainsi
que les nageoires caudale, anale et dorsale sont perdues. Il est assez
curieux que l'exemplaire du Belonostomus Miinsteri décrit et figuré par
M. A gassiz 1) se trouve dans le même état, ce qui a empêché ce
savant de faire la description de la partie postérieure du poisson susdit.
L’individu que j’ai devant moi serait en tous points semblable à
celui du Tab. 47a, si l’on pouvait admettre que le dessinateur eut
présenté par mégarde le flanc gauche du corps au lieu du flâne
droit. O r, comme cela ne peut être, il paraît que l’individu de
M. A gassiz est un tout autre que l’exemplaire du musée teylerien.
Du reste, la description du B. Miinsteri est en tous points applicable à 1
1) Voyez: Poiss. foss. Vol. I I. part. 2. pag. 141 et Vol. IL Tab. 47a, fig. 2.
notre individu. Les exemplaires des collections de Sir P h . M. d e Grey
Egerton, de Lord Enniskillen, du comte do Munster et du musée
de Prague, de même que ceux du musée teylerien, ont dû avoir tout au
moins la longueur de trente centimètres. La tête de tous ces individus
est allongée comme celle de tous les Belonostomus, mais elle est moins
longue que celle du B. sphyraenoïdes, et à proportion beaucoup plus
longue que celle du B. microcephalus, dont j ’ai fait la description détaillée
dans l ’article précédent.
Je n’ai parlé jusqu’ici que de deux exemplaires', et je n’aurais donc
pas cru devoir vouer à ce poisson un article spécial, Si je n’en avais trouvé
un troisième exemplaire dans le musée teylerien, ichthyolithe d’autant
plus intéressant que le hasard a voulu qu’il nous présentât la partie
caudale du poisson, c’est à dire la partie qui manqué aux autres
exemplaires connus. Cette queue pourra nous faire connaître le poisson
dans son entier, et en décrivant le fragment j'espère donc être à même
de compléter la . description du B. Münsteri de M. A gassiz.
Dans cette queue la colonne spinale est très-rapprochée du dos et est
bien plus robuste que faible. Les vertèbres diminuent insensiblement en
hauteur vers la nageoire caudale. Elles sont un peu plus longuès que
hautes, ccqui semble être le cas dans tous les Belonostomus.
La disposition et la forme des écailles n’ont rien qui les distingue
d’avec celles des autres individus de l’espèce. Sur le flanc on observe les
deux séries principales d’écailles, comme on en trouve dans toutes les
espèces des deux genres Belonostomus et Aspidorhynchus. Les écailles
de ces deux séries capito-caudales caractéristiques Sont communément
du double plus hautes que longues. Les écailles recouvrant lé ventre
sont plus petites et moins hautes, tandis que celles qui se trouvent sur
le dos sont plus étroites et plus rhomboïdales.
Ce- sont surtout les nageoires qui méritent notre attention, parce
qu’on n’a pu les observer dans lès autres exemplaires de l’espèce. La
dorsale est très-reculée et opposée à l’anale, l’une et l’autre sont petites
en proportion du corps. La ventrale se trouve à 13 centimètres en avant
de la caudale, et l’anale est placéé à 7 centimètres en avant de cette der-
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