
La troisième espèce d’Aethalion, que j ’ai trouvée dans le musée susdit,
est nommée par son fondateur l’Aethalion tenuis: J ’en ai rencontré
trois individus, dont deux à double plaque. Avant de faire mention des
particularités que j ’ai cru observer dans ces exemplaires, je répéterai la
diagnose donné par M . le comte de M ü n s t e r .
de l’Aethalion tenuis. 1)
Die ziemlich grosse Kückenflosse weit zurücksitzend, Brustflosse
schmal, ziemlich lang, Bauchflosse mittelmässig, Afterflosse gross, die
Lappen der Schwanzflosse schmal und spitz, der Körper dünn, fast
konisch, der kleine Kopf mit einer geraden Stirn.
Voyez-fig. 8.
J ’ai retrouvé tous ces signes caractéristiques, et si les exemplaires
de M . le comte de M ünster ne lui ont pas permis d’en faire
une description plus détaillée, probablement à cause - de -leur état
imparfait de conservation, j’ai à me féliciter d’avoir eu sous les yeux
trois individus assez bien conservés.
La dorsale assez grande et longue se compose de 13 rayons, soutenus
par 13 apophyses épineuses longues et grosses. Les pectorales ont au
moins 10 rayons très-minces, mais plus longs que ceux des autres poissons
du même genre. Les ventrales sont trop brisées pour en distinguer
les rayons, qui vraisemblablement ont été courts et peu nombreux. L’anale,
assez grande, se compose de 11 rayons, soutenus par 11 apophyses
interépineuses. Les premiers de ces rayons sont cinq ou six fois plus
longs que les derniers, de manière que la nageoire anale a la forme
d’un trapèze. La caudale est profondément fourchue: la formule en est
3. 9. 5. 7. 6. La plupart de ces rayons trouvent leur point d’appui
au dessous de la colonne épinière. Il paraît donc que la caudale a une
tendance à devenir heterocerque, et qu’il faut la ranger parmi les caudales
subhomocerques de M. O wen. La colonne vertébrale est composée 1
1) Yoyez: Leonh. und Bkonn. Neues Jahrbuch, 1842. pag. 42.
de 53 vertèbres, dont 3 ou 4 cervicales,•'ï3!8 abdominales et les autres
caudales. On trouve 18 paires de côtes. Ce que j ’ai dit des apophyses
supérieures de l’Aethalion inflatus est de même appicable aux mêmes apophyses
du poisson en question : elles sont assez fortes et quelques-unes sont
sillonnées ou doubles, toutefois moins nombreuses' que celles dans l’espèce
nommée ci-dessus. Dans un dès exemplaires à double empreinte
on peut observer très-facilement que la colonne épinière de l’Aethalion
tenuis n’était pas composée de vertèbres ossifiées totalement, comme
ceux des vrais Teleosteï, et que la ehorde dorsale n’était recouverte que
d’osselets en toit, des Halbwirbel de H e c k e l . Ces demi-vertèbres portent
les apophyses. D’ailleurs j ’ai cru pouvoir observer que l’extrémité
de la colonne épinière de cet individu n’est pas ossifiée, et que, par
conséquent ces poissons possèdent le signe caractéristique des Stéguri
de H eckel.
Outre les trois espèces décrites d’Aethalion ou trouve dans le musée
teylerien un représentant de l’espèce qui porte le nom d’Aethalion
parvus, M ü nst . Il est à regretter que cet individu soit trop mutilé
pour me donner l’occasion de rectifier les notices que M. le comte de
M ünster en a laissées, c’est-à-dire que la dorsale est médiocrement
développée, que l’anale, les ventrales et les pectorales sont petites; que
le corps est long, la tête peu grande et le front tant soit peu bombé.
Avant de finir mes observations sur le genre Aethalion, je dois fixer
l’attention Mes palichthyologues sur les rayons: des nageoires de ces
poissons. Il m’a été impossible, même à l’aide d’une bonne loupe, de
découvrir dans ces rayons aucune trace d’articulations, quoique ces
organes soient dichotomés à l’extrémité bon nombre de fois. Par cette
absence d’articulations ils diffèrent des rayons mous et fourchus des
poissons cycloïdes malacoptérygiens, et par leurs extrémités dichotomées
ils diffèrent des rayons solides et épineux des poissons cténoides. Quand