
érudition et son grand savoir : ses Beiträge zur Petrefalctenhmde
en donnent la meilleure preuve. C’est dans le musée de Munich,
agrandi depuis la mort du comte de M ünster par la magnifique collection
de fossiles de ce savant, que M. A n dr . W agner a jeté un coup
d’oeil critique sur plusieurs descriptions des poissons des terrains en
question, C’est là qu’il a complété mainte description imparfaite, et
qu il a écrit ses belles diagnoses de plusieurs poissons, insuffisamment
connus à cause de descriptions trop courtes : témoin ses Beiträge zur
Kenntniss der in den lithographischen Schiefem abgelagerten wrweltlichen
Fische, qu’on trouve dans les Mémoires de F Académie royale des
Sciences de Munich. C’est surtout en étudiant les poissons du calcaire
lithographique que M. H e ck e l a pu fonder sa théorie sur lé
développement de la colonne épinière des poissons. Grâce aux recherches
ingénieuses de ce savant, nous savons à présent qu’il y a des
différences graduelles dans l’ossification des cordes dorsales des differents
ganoïdes ; . c’est lui qui nous a prouvé que parmi ces cordes il y en a
qui sont complètement nues et d’autres qui sont tout-à-fait ossifiées,
et que ces différences dépendent du développement qu’ont pris les
arcs hémaux et neuraux, qui s’appuient sur la corde épinière par des
epatements ou plaques osseuses. M. H eck e l les a nommés demi-vertèbres
, Halbwirbel. Nous savons à présent que ces, épatements. sont
quelquefois presque nuis et quelquefois en forme de plaques arrondies,
que tantôt leur bord se couvre de dentelures, que quelquefois ces dentelures
se découpent en digitations, s’engrenant les unes dans les autres
et finissant par recouvrir presque complètement la corde épinière, et que
dans quelques genres — Sauropsis, Lepidotus, Pholidophorus f l la
demi-vertèbre supérieure est dépassée par la demi-vertèbre inférieure,
en sorte que l’os est double sur le milieu de la corde dorsale.
Toutes ces conquêtes scientifiques sont bien de nature à décourager
le naturaliste qui, en s’ appliquant de nouveau à l’étude des ganoïdes
fossiles, s’expose à ne trouver aucun épi sur un champ déjà si amplement
moissonné. Aussi, en fait de conclusions générales et de résultats
d’une grande portée comme celles de mes devanciers, je n’ai rienpeutêtre
à ajouter aux faits déjà connus. Pourtant mes travaux dans cette
branche m’ont fourni des résultats de détail, qui ne me semblent pas
dénués d’intérêt. C’est encore à la libéralité de M. M. les directeurs
du musée teylerien et à celle de M. le Prof, van B reda , que je
dois l’occasion d’étudier les trésors ichthyologiques déposés dans leurs
musées. On y trouve non seulement les belles collections de poissons
fossiles d’Oeningen, dont j ’ai publié 1) la description, pour ce qui regarde
les nouvelles espèces qu’elles contiennent, mais encore plusieurs
poissons, du grès bigarré,- du lias, de la craie, plusieurs ichthyolithes
du Monte Bolca, de Glams, etc., dont j ’espère faire plus tard la description,
ainsi qu’une multitude d’ichthyolithes du calcaire lithographique
de Solenhofen. Le nombre des exemplaires de ces fossiles, tant
simples qu’ à , double plaque, qui ont été à ma disposition, dépasse
460. Parmi ce nombre assez considérable il n’y a dans le musée teylerien
qu’un seul exemplaire, un Pholidophorus latimanus, et dans la
collection de M. van B reda seulement six exemplaires qui paraissent
avoir été examinés scientifiquement: c’est M. A gassiz lui-même qui
y a attaché les étiquettes. Tous les autres individus sont entièrement
inconnus au monde savant, du moins ils n’ont, jamais été décrits, ni
même déterminés. Ces fossiles ont été en possession de M. H a eb e r l e in ,
M. R edtenbacher et d’autres. M. M. les ^propriétaires des deux musées
susmentionnés ont fait l’acquisition de ces restes précieux :d’un
monde passé, et les ont déposés dans leurs collections paléontologiques
depuis l’an 1843.
C’est parmi ce grand nombre [d’ichthyolithes que j’ai fait quelques
petites découvertes, quoique peut-être de quelque intérêt pour la science.
J ’ai trouvé que la plupart de ces fossiles appartenaient à des espèces connues
ou déjà décrites par M. M. A gassiz , le comte de M ünster , H eckel ,
W a g n e r , Gie b e l , et d’autres. Mais je me suis assuré aussi que plusieurs
autres devaient être rapportés à des espèces qui ne sont connues 1
1) Voyez: "Winkler, Descript. de poiss. d?Oeningen. Mémoires de la Société hollandaise des
sciences à Harlem. Nouvelle Serie. Vol. XIV, part 2 e.