
avant. Elle est longue de 1,6 centimètres du coin de la bouche jusqu’au
bord antérieur. Les os frontaux et l’os temporal sont encore
reconnaissables, tandis qu’on peut distinguer de même une partie assez
considérable de l’appareil operculaire. Sous la mâchoire inférieure on
voit très-distinctement une série de rayons branchiostègues très-minces.
Ils sont dirigés d’avant en arrière et un peu courbés, je crois en
compter au moins 16 ou 17.
Bien que, comme je viens de le dire, la région abdominale soit la partie
la plus large du corps, et qu’il semble que l’abdomen soit assez prépondérant
, il paraît toutefois que le ventre s’est élargi plus ou moins
par la pression, subie par le poisson lorsqu’il fut enterré dans le limon
de la mer antédiluvienne, qui lui servait de séjour; on est du moins
porté à le croire, vu que les rayons de la nageoire dorsale et ceux de
l’anale sont éloignés plus ou moins des apophyses interépineuses qui
les soutenaient un jour.
Ce qui frappe surtout l’attention dans notre individu c’est la parfaite
conservation de la chorde dorsale, et la facilité avec la quelle on peut observer
la conformation particulière de cette chorde et des hémapophyses et'
neurapophyses de O wen — les arcs hémaux et neuraux de H eck e l et
quelques autres naturalistes — les téguments osseux de la chorde spinale.
Il paraît que les plaques osseuses dont nous parlons se sont
éloignées plus ou moins les unes des autres par la pression dont je
viens de parler, et que c’est là la cause que la chorde dorsale est
dénudée plus qu’elle n’était dans l’état normal. Le déplacement notable
que l’on observe dans les dernières apophyses épineuses inférieures me
porte à le croire, et c’est précisément cette circonstance qui favorise
l’examen des arcs hémaux et neuraux. Les 15 premiers arcs neuraux
portent de doubles apophyses épineuses. L’une de ces apophyses,
la plus longue, est assez mince et se dirige en haut. L’autre,
plus trapue et courte, se dirige immédiatement en arrière. Les 36 neurapophyses
suivantes ont des apophyses épineuses qui se jettent en
arrière, et forment un angle très-pointu avec la plaque osseuse; c’est
surtout dans La partie caudale que se montre cette disposition. La
position inclinée des apophyses ; est encore; une preuve que notre individu
est un véritable Caturus, car. il est manifeste que» toutes les
espèces du genre Caturus ont des apophyses inclinées en arrière dans
'toute la région caudale. Les 15 premiers arcs hémauxportent âlosî
15 paires de côtes : ces os sont très-minces: et courts. Plus loin on voit
10 ou 12 arcs hémaux, portant des apophyses plus grosses que les
côtes. Les apophyses des arcs hémaux suivants diminuent graduellement
en longueur et en grosseur jusqu’aux cinq ou six dernières, qui deviennent.,
de nouveau plus massives, portant les rayons du lobe inférieur
de la caudale subhétérocerque. L’extrémité de la chorde dorsale mérite
notre attention. On voit qu elle se dirige en haut et que les apophyses
epineuses, qui servent d appui aux rayons du lobe inférieur de la eau- ■
dale et aux rayons courts situes entre les. deux lobes, sont insérées au
dessous de la colonne. Par cette direction de l’extrémité de k .chorde
dorsale il parait que la caudale du Caturus .ferox a une tendance
à devenir hétérocerque. Nous verrons plus tard qu’il est assez probable
que le lobe supérieur est un peu plus long que l’inférieur, et quoiqu’une
telle caudale ne soit pas tout-à-fait hétérocerque, du moins pourrait-on
la nommer subhétérocerque.
Entre les rayons de la dorsale et les apophyses interépineuses on
trouve une espace vide, peut-etre dû à la cause dont nous avons déjà parlé,
c est-a-dire à la pression. Les osselets interépineux sont très-serrés »et assez
longs. On en compte 16 ou 17 correspondant à autant de rayons.
Ces rayons sont brisés, et les extrémités en sont perdues. Du premier
rayon on ne voit que la base, en sorte que je ne suis pas à même de
dire s il portait des fulcres. Les rayons, quoique raccourcis plus ou
moins, sont assez visibles pour les compter. Le nombre en est de 17.
Les osselets de l’anale comme ceux de la dorsale ont été déplacés , niais
ceux-ci en bas comme ceux-là en haut. On en compte 13 qui ont
soutenu les 13 rayons de 1 anale. Il est impossible de reconnaître
les nageoires ventrales, mais probablement elles ont été petites et
inserees au milieu du corps vis-a-vis de la dorsale. Dans les pectorales
; S*