
faculté due en grande partie aux osselets tégumentaires, aux côtes der-
males étendues jusqu’à la caudale.
Les côtes sont longues; il me semble possible d’en compter au
moins 15 paires.
Passons maintenant a la dentition. Les dents de notre exemplaire
sont si visibles qu’elles ne laissent aucun doute sur le genre du poisson,
elles prouvent aussi suffisamment que celui-ci doit être d’une espèce
nouvelle. On peut sans peine observer au delà de 30 dents qui montrent
encore que notre individu était encore assez jeune lorsqu’ il mourut. Au
commencement de cet article nous avons lu ce que dit M. A sassiz de
la surface lisse des dents comme une suite de la mastication prolongée.
Les dents visibles dans la plaque possèdent encore leur rugosité primitive
et leur sillon caractéristique avec les bords crénelés. L’individu
est appliqué contre la roche de manière qu’il n’est visible que de côté
et c’est pourquoi je n’ai pu voir toutes les rangées de dents. Je présume
que les dents visibles sur la plaque sont pour la plupart de celles de
la mâchoire supérieure. Je suis de cette avis parceque les dents de
cette mâchoire sont communément circulaires et que lorsqu’elles sont
allongées elles sont toujours plus ou moins transversales. La plupart
de ces dents présente le sillon caractéristique qui sépare la surface de
la couronne en deux terrains ou renflements annulaires, ornés de petits
monticules. Une des dents a perdu sa couronne et nous montre
sa cavité spacieuse. On sait que les dents de tous les Gyrodus
sont creuses.
Dans le G. dichactinius on ne trouve ni ces côtes sternales du
G. frontatus, ni ces apophyses très-vigoureuses et munies de crêtes ou
de prolongements osseux, qui forment une cloison osseuse continue
entre les muscles des deux côtés de quelques autres espèces du genre.
Après la description précédente il ne faudra pas beaucoup de mots
pour prouver que mon G. dichactinius est d’une espèce nouvelle. Il se
distingue des autres espèces du genre par la tête plus allongée, par
la forme plus ovale du corps, par l’orbite moins spacieuse, par les
rayons de caudale dont les articulations ne se rapprochent point insensiblement
vers l’extrémité des lobes, mais sont toutes de la même
longueur. Il en diffère encore par les rayons de la dorsale et de l’anale
d’une construction très-particulière, par ses écailles à surface ridée et
rude différant des écailles du G, macrophthalmus, du G. frontatus, du
G. rugosus etc., par un opercule non strié, par des osselets en Y s’étendant
le long du dos: en un mot par une foule de particularités.
Pour faciliter l’étude du genre Gyrodus et en même temps pour
procurer l’Occasion de reconnaître d’un coup d’oeil les différences qui
séparent mon G. dichactinius des autres espèces connues, j ’ai dressé
un tableau qu’on trouvera à la fin du chapitre suivant, qui contient
la description du G. giganteus. Avant de terminer ce chapitre je
dois rappeler que le G. macropterus Ag. porte à présent le nom de
Mesodon macropterus, et le G. gibbosus Münst. celui de Mesodon
gibbosus Wagn. que le Microdon hexagonus Ag. est nommé à présent
G. hexagonus Wagn. et le Microdon platurus Ag. à présent G. trun-
catus, Wagn. ; et -enfin que le G. maeandrinus, Münst. porte à présent
le nom de G. leptürus, Wagn. Dans mon tableau on trouvera ces
noms nouveaux, dictés par la saine critique de M. And. Wagner.