
On trouve encore dans le musée teylerien deux autres exemplaires de
la même espèce, tous les deux à double plaque. La tête de Fun est comprimée
de haut en bas, de manière que presque tous les os sont déplacés
et brisés, il est cependant facile de reconnaître les mâchoires et les empreintes
de quelques dents de la mâchoire supérieure, de même que la tête
petite et courte au museau pointu, signe caractéristique de l’espèce. Au
surplus, les longues écailles des deux rangées sous-jacentes à la ligne
latérale , qui forment une partie assez considérable de l’appareil tégu-
mentaire du corps, les écailles moins hautes et presque rhomboïdales du
dos, les restes de la nageoire pectorale, la position relative des nageoires^
dorsale et anale, la caudale homocerque et bilobée à rayons articulés
et longs — tous ces caractères'prouvent que l’individu dont nous parlons
à présent doit être un Belonostomus microcephalus.-~
Comme ce poisson a perdu beaucoup de ses écailles, on peut
aisément y observer une particularité qu’on ne saurait voir dans l’autre
exemplaire, c’est à dire les apophyses épineuses. Ces osselets Sont assez
forts et vigoureux, les supérieurs se dirigent obliquement d’avant en
arrière et les inférieurs vont plus perpendiculairement de haut en bas,
surtout ceux de la queue. La corde épinière a été partiellement conservée
sur une moitié de la roche, tandis qu’elle a laissé une empreinte
sur l’autre moitié.
On voit encore sur les mêmes plaques quelques débris du squelette
d’un autre poisson. En examinant avec attention ces restes on pourrait
croire qu’ils sont d’un individu non adulte de l’espèce susdite,
mais il y a trop peu d’os de conservés pour fournir les preuves de
ce que j ’avance.
Le troisième individu, comme le précédent à double plaque, a perdu
la tête, à l’exception toutefois de quelques fragments de l’appareil oper-
culaire. La forme générale du corps, la disposition des nageoires ventrale,
anale et dorsale, les restes de la pectorale et surtout les écailles
ne laissent aucun doute sur l’espèce de ce poisson.
Les trois exemplaires qui ont été à ma disposition se caractérisent
par la couleur brune des écailles. Elles ont la même teinte que celles
du B. sphyraenoïdes et du B. Münsteri. 1) Cette couleur contraste
agréablement avec la teinte gris-jaunâtre de la roche qui contient les
écailles. Elle contraste encore plus avec la couleur bleuâtre des écailles
de tous les Aspidorhynchus du jura supérieur, que j ’ai vu, soit en nature,
soit en dessin lithographié. Peut-être cette couleur pourrait-elle contribuer
à distinguer les restes des Belonostomus de ceux des Aspidorhynchus
si la tête entière ou la mâchoire supérieure s’était perdue.
Les trois exemplaires décrits sont du calcaire lithographique de
Solenhofen.
La tête petite en comparaison du corps entier, signe qui caractérise
le mieux cette espèce; m’a porté à lui donner le nom de
Belonostomus microcephalus.
Le tableau des Belonostomus de Solenhofen se composera donc maintenant
des espèces suivantes :
1. Belonostomus sphyraenoïdes, Ag.
2. // Münsteri, Ag.
3. U tenuirostris, Ag.
4. II subulatus, Ag.
5. // ventralis, Ag.
6. // Kochi, Münst.
7. II microcephalus, Wklr.
et d’une variété du B. sphyraenoïdes, le B. brachycomus, A g.
1) Voyez: Poiss. foss. Vol. II. Tab. 47°.