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SlM/AliTÜ \ MANCllüTTKS.
aienl que ees éléments, sans êlre bien aboiiclanls, sonl cepenilanl
assez caracléi'isés pour auloriser le doute, el, par suite, pour démontrer
le droit de l'Animal, ainsi rejclé, à llgurer eonnne spéei-
(Iquement distinct parmi ses congénères.
Cette injustice, dont nous parlons, a été commise à l'égard d'une
belle Espèce d'Aigle-Antonr, dont les tarses sont empinmés jusqu'à
l'origine des doigts, découverte an Brésil par Spix, qu'il a décrite
dans son Ouvrage.^c. Brasil., toni. ], page 7, el ligurée lab. 3, sous
le nom de Harpyia braccata.
On connaissait depuis longtem|)s, à l'cpoque de la Publication
de ce Savant ^'ovagcur, comme provenant de 1'Amérique Méridionale,
un Aigle de ce groupe : c'est VUrutaurana Brasilieiisibiis de
Maregr. el de Ivlein; Aquila Brasiliensis aistaia de Willugbby et
de Brisson;/'û/co maxiinus subcinereus cristatus de Browne; l'Autour
buppé de LevaillanI; F. ornatus de Daudin; F. sitperbus coronatiis
de Sba^v; Esparvero calzado ( Epervier pattu ) d'Azara,
dont Vieillot a justement l'ait un Spizaéle, sous le nom de Spiza'étus
ornatus. Toutes les Descriptions de cet Oiseau, depuis Marcgrave
et Brisson jusqu'à M. Lesson, sonl on ne jieiit plus idcntiijues
et concordantes, ainsi qu'on en peul juger par celles ((ne nous
avons leproduites d'après les principaux Natui-alisles (|ui en ont
parlé dans la Revue Zoologic[ue 1847, Octobre, pages 3i5 el suivantes.
On voit, par toutes ces Descriplions, (pi'elles se rapporleni
à une seule Espèce, sur la livrée de laquelle on n'a jamais varié,
parce qu'on l'a toujours vue, et à toutes les époipies, constamment
ia même; que s'il e.xisie quelques dilTérences, ce sont de légèies
différences sexuelles ou d'âge, ainsi (pie de taille, les l'emellcs pirsentanl
une plus grande dimension, el parfois porlaiil plus de ce
maillé noir et blanc, aux ]>ai lies inléiieui'es, (pie les mâles.
SriZ.VETE A SIANCUETI'ES.
Sur quelles données a-l-il donc pu se faire qu'au moment de la
PuVilieatiou, par Spix, de la Figure el de la Description de sa
Harpyia braccata, on ail eu l'idée d'armibiler d'un trait de plume
les indications par lui fournies sur .son E.spèce nouvelle, en les
identilianl avec celles du Spizaëtus ornatus? Sans doute les caractères
de plilose de cet Oiseau, tel que le définit Spix, sonl ceux
d'un âge jeune encore; mais ils sont tout aussi bien ceux d'une
femelle. Pourquoi alors, sans |)lus d'éclaircissement, attribue!' cet
étal déjeuné âge à l'Espèce ancienne, au lieu de le conserver, fût-ce
avec doute, cl de le prendre pour tel que le donnait le Savant
\ o j a g e u r ?
Une première question était à poser avant de |)rendre une pareille
décision. Comment, depuis plus d'un siècle qu'est connue
l'aulre Espèce, devenue pour ainsi dire commune, aucun individu
de la livrée du Braccata ne se serait-il jamais présenté aux yeux
des Ornithologisles? Celte livrée seule, par sa rareté, méritait assurément
plus d'attention et un peu plus d'bonneur (ju'on ne hii
en a fait à son apparition dans la Science; alors surtout que S|iix,
en même temps qu'il décrivait cette Espèce, décrivait cgalemenl
le Spizaëtiis ornatus sous la dénomination de Harpyia ornata , avec
lequel on devait supposer qu'il l'avail comparé; alors enfin ([ue cet
Observateur indi(|nail el le Nom donné au Braccata par les Indigènes,
et celui donné à VOrnata.
Et puis devait-on donc se guider unifpiemcnl, eonnne il est certain
([u'on l'a fait, pour cette idcnlilication el cette confusion des
deux Espèces en une seule, sur une apparence de conformité dans
la coloration du pbnnage des parties inférieures cbez l'une cl cbez
l'autre.' ÏXc .sait-on pas (jue plusieurs Oiseaux de proie diurnes offrent
cette disposition si rcmaripiable du noir el du blanc? N'est-ce
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