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CENRI£ HCI.Ii.
yiquila, ajouté aux deux Genres Liuiiéeiis, appar leuai l à lîrisson (^i),
et c'est l'en-emeiit que jusqu' à ce j o u r avait suivi la Science Ornilliologique.
Depuis |)eu cependant on a reconnu, et avec raison, que
le Genre avail été créé avant Brissou, par Moehring, et c'est à
M. G. R. Gray (2) qu'est due cette restilution.
PourlanI, comme, avant toni, nous tenons à ce (¡n'en Hisloire
Naturelle, où le Public admis à contrôler la Science est si rare,
j u s t i c e soit renilue à chacun de ceux qui ont contribué à la faire
ce qu'elle est, nous n'hésiterons pas à signaler l'erreur positive qu'il
V aurait à s'en tenir à cette indication de l'honorable Oi'nithologisie
Anglais, qui a été suivie par M. L. Agassiz, dans son Nomenclátor
Zoologicus.Oui, sans doute, Moehring (3), qui à peine a laissé trace
d e son passage en Ornithologie, avail établi le genre ^quila avant
Brissou, c'est-à-dire en i^Sa ; mais un autre Naluraliste, de phis de
portée et de valeur que Moehring, qui l'a souvent cité, l'avail ins
t i l u é avani lui; et ce îValui-alisle esl Klein.
Dans son Historioe Avium Prodromus, pLd)lié en 1760, mais qu'il
écrivait, ainsi qu'il le dil lui-même en ly/iS. dale de sa Préface, il
a divisé ce qu'il a appe l é ÏOrclre des Oiseaux en Familles, en Genres
et en Tribus; et pour avoir une idée du sens (pi'il attachait au mot
Genre, il suffit de savoir que huit de ses Genres composent pour
lui l 'Ordre entier des Oiseaux. Or , lorsque après la Division, encore
de si fraîche date, des Acci|)ilres de l.inuée en Vautours el en Faucons,
Klei n vient les subdiviser en trois Tr ibus , qu' i l womme Âquila,
Vultur et Falco, il est bien évident qu'il n'y a chez lui cpie le nom
des degrés de .son échelle de Classiticalion de changé, el que son
(1) Ornilhohpc. 1700.
(2) Lts! oflhe Genera of liirils. (S'il.
(.3) Ammu Generei. I/.'ia.
CKMïi-: AU: LE.
terme de tribu a kuie valeui- écpiipollenle à ce que les Naluralisles
d e nos jours soiU convenus d'appeler ge««;. El cela devient mcontestable
quand on remarque (|u'en lête de chacune de ces Ti ibus
il pose une Diagnose des moeur s et des caractères physiologiques
distinetifs des Espèces composant la Tribu.
C'est ainsi qu'en tête de sa premièr e Tribu des Accipitres. qui est
celle des Aigles, Tribus Aciuila, après avoir défini brièvemeni leurs
moeurs et leurs habitudes, il exprime en ces termes le Caractère
G é n é r i q u e principal qu'il [eav Tecoundài-. Tribus Âquila, inter Aves
tetradactjlos, cligitis solutis meretur locum supereminentem. Puis à la
fin de celte courte caractcrislique, il ajoute : Plura de Aquilis species
sunt-
Or, ces espèces d'.\igles sont beaucoup moins mélangées el confondues
chez Klein que chez Moehring el chez Brissou. Pour s'en
convaincre, ou n'a qu' à voir quels .sont les Oiseaux de proie, qu'en
dehors des.ViglesetdesVautours, il relègue dans sa troisième Tribu,
Tribus Falco; tous les antres Oiseaux de proie, sive, dil-il, hucusque
Accipitres, sive Milvi, sive Bnteones, aut in specie Falcones fuennt
appellati.
Il nous parait donc nettement établi que Klein doit être regardé
comme le premier Ornilhologiste qui aux deux Sections primoriliales
de Linnèe en ail ajouté une troisième en créant le Genre
adopté depuis par presque tons les Naturalistes, moins Laiham,
jusqu'à Geoffroy vSaiut-Hilaire et Cuvier.
Car il v a loin de la composition si naturelle, si sage et si mesurée,
du genre Aquila conslilué par Klein, à la composition informe
d u même genre réalisée par Moehring; c'est à croire, si les dates
n'étaient là pour démontrer le contraire, que celui-ci a écri t et travaillé
bien anléi icnrcmenl à celui-là. Ainsi là oil Klein réunissait