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d’être mouillé tcn peu plus long - tems n'était rien pour moi. Il est vrai qtte tous mes effets étant trempés, ils doublaient la charge des boeufs. D’ailleurs, la terre, quoique sablonneuse, avoit reçu tant d’eau qu’elle ne pouvdit avoir tout absorbé. De toutes parts elle étoit couverte de lagunes ; et les animaux, obligés de marcher à travers ces flaques sans savoir où. ils posoient le pied , tré- buchoient à chaque pas et Couroient risque de s’estropier sous leur charge. Heureusement, quand nohs arrivâmes à la lisière du bois, la pluie cessa tout-à-fait; et le calme nous permit d’allumer des feux pour sécher nos effets et nos habits, Le reste du jour et la nuit toute entière fùrênt employés à cette opération. Plusieurs fois nous frimes interrompus par dés craquémens d’arbres , qui se fajsoient entendre fort près de nous. Ge bruit étoit occasionné par des éléphans , que nous écartâmes avec quelques coups de fusii , et qu i, venant pâturer auprès de mon camp, cassoient des branches pour leur nourriture. Le lendemain , quand le jour parut, j’en vis , dans une’ étendue de la plaine qui ne comprenoit guere qu’une demi-lieue, plus de cent réunis. Sans doute ils nous distinguoient aussi facilement qùe nous les appercevions eux-mêmes ; et néanmoins ils n’en parois- soiept pas plus effarouchés. ‘ Mes chasseurs, à cette vu e , furent transportés d’aise. A l ’instant, ils apprêtèrent leurs armes ; et déjà leur imagination s'exaltait surtout l ’ivoire qu’alloit leur procurer cette chass,e merveilleuse. Mais je n’avois plus pour ellè cette ferveur d’un débutant. Blasé, en quelque sorte, sur ce plaisir , je n’oubliois pas les dangers dont il étoit presque toujours accompagné. D ’ailleurs, l’incommodité d’emporter ces dents sans voiture , ne me donnoit pas grande envie de les posséder. Avec de pareilles dispositions, un oiseau d’espèce nouvelle eût été plus précieux à mes yeux que douze des plus belles défenses d’éléphant. En conséquence , je me mis à parcourir la forêt , où j ’eus le plaisir de tuer deux chârmàns oiseaux , mâle et femelle ; ils approchent du genre du ramier, mais ils en diffèrent assez, je prois, pour mériter d’en être séparés , puisqu’ils ont le bec infiniment plu# gros que ne l’ont ordinairement les pigeons. Ils ont aussi les ongles plus crochus et les doigts plus larges et plus plats. Du reste, les couleurs les plus belles parent leur plumage, qui est, en général, d’un beau vert sur le corps ; les plumes des ailes sont bordees d un j olie jaune jonquille , qui est aussi la couleur du ventre du mâle ; sur le sommet de l’aîle se remarque une large plaque de couleur violette. Les pieds sont rouges. Cette charmante espèce, entièrement nouvelle , fera partie de mon ornithologie, où j ’en donnerai les figures. La lisière du bois, près duquel j ’étois çampé , couroit nord- quart-ouest. Ainsi elle étoit dans la direction de notre route; e t , en la suivant, j e m’appro.chois de la horde que j allois visiter. Mais , après quelques heur.es de marche, nous nous trouvâmes arrêtes par - un torrent .qui, descendant des montagnes, etoit extrêmement grossi des eaux de l’orage ; et en attendant qu il décrût et qu il nous fut possible de le traverser , il me fallut camper sur ses bords. Au reste, le lieu étoit agréable, et j ’y trouvai diverses espèces d oiseaux, dont la rencontre me dédommagea bien agréablement du désagrément que me causa ce retard. Klaas , qu’une longue pratique avoit rendu naturaliste , et .qui 'connoissoit aussi bien que moi tout ce que j ’avois dans ma collection et ce qui pouvoit y être nouveau, mettait à l ’augmenter , une ardeur infatigable. Il tu a, et m’apporta, un oiseau magnifique, qui m’était totalement inconnu, et qui avoit des caractères, si confus que je ne sus comment le classer. Au premier coup-d’oe il, je l ’eusse pris pour un coucou; et en effet, il avoit quelque rapport avec ce genre ; mars d n’en était pas un. Il avoit les pieds plus forts , les ongles plus crochus et cra- nés. D’ailleurs, Klaas, avant de le tirer, l’avoit vu s’accrocher au tronc des arbres, selon les allures du piç ; puis , comme lu r , en frapper l ’écorce avec le bec. ¡ D’ailleurs, ses ongles et ses doigts sont absolument les meures, et distribués comme ceux des pics; mais.sa queue u’est pas propre a le sou- Y a


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