
à une liciie & demie cl’Epemày. La fource eft dans
un bois près du village. Elle eft froide.
Navier reconnoîc à ces eaux une faveur fe:mgi-
n eu fe , & il en vante les bons effets. M. Lallemer.t
les die martiales & utiles à la fuite des mal dies longues
pour fortifier l’eftomac , détruire les engorgemen
t, ainfi que la phtyfie, en les mêlant dans ce
dernier cas avec du lait.
M . de la Planche (journal de méd. novemb. 1779)!
donne l’analyfe foit des eaux, foit de leurs boues. Il
a remarqué que ces eaux reconnoiffent pour principe
dominant une terre en partie calcaire * en partie ab-
forbante, quelles contiennent encore un fel alkali
f ix e , v ég é ta l, & une très-petite quantité de fe r j
que le g a z , s’il y en a , eft en très-petite quantité ;
que leur goût & leur odeur hépatique dépendent d’un
principe, fugace v o la til, inappréciable j que les boues 1
ne contiennent aucun fel neutre , & quelles ne font
qu’un mélange de fable n o ir , de terre abforbante &
calcaire, de particules de fer mécallique ou oxide ,
de débris de plantes & de coquillage. Il croit que ces
eaux font une boiffon falutaire; que prifes à la loufce,
elles peuvent être légèrement toniques, ftomachi-
ques & fondantes , & que les boues peuvent etre
employées extérieurement, comme puiffamment ré-
percufllves. (M. Macquart..)
BO U R SE A B E R G E R , ou B Q U R S E T T E . .
(M a t . méd.) ( Voye^ T abouret. )
( M. M acquart. )
B O U R S O U F L É , ' enflé , b ouffi, gonflé, fe dit !
de tout le corps ou de fes différentes parties ; mais 1
fur-tout du v ifa g e ou du ventre , lorfqü’ùne collection
d’air ou d’eau y occàfionne une tumeur fro id e ,
quelquefois avectenfion, plus communément molle,
fans douleur ni renitence, & confervant l’enfoncement
des doigts après la comprefilon. C ’eft un lymp-
tôme allez ordinaire à 1 hvdropifie , fur-tout à 1 àna-
farque & à la tympanite. ( Voyez H y d r o e is ie ,
ÀNASARQUE , TYMPANITE , (EdEME. ) : ;
(M. Dehornê.)
B O U S Q U E T . ( Eaux miner. )
C ’eft un village de la paroiffe de Prunêt, élection
d’Aurillac. On y trouve une fource minérale froide ,
qui jaillit dans un petit vallon au milieu d’un pré ,
expofé au levant, à vingt pas de ce village. M. Ro-
quier dit çette eau gazeufe j il la faut examiner.
(M , Macquart. )
B O U T A R G U E . (H y g ièn e .)
Partie II. Chofes dites non natutellès.
Claffe III. Ingejla.
Ordre I. -AHmens tirés des animaux.
Seérion III, Alimens compofés.
La boutargue eft un aliment compofé particulière,
ment avec des oeufs de mulets ,■ poiffons qu’on.trouve
extrêmement gros fur les côtes d’Egypte & de Tunis
: on néepiè bien ces oeufs ; on les mêle au lang
de ranimai 5. on les fale & on les sèche. Cette nourriture
eft très-vantée dans l’Egypte & dans lu Barbarie
, où les naturels en font un commerce avec les
étrangers. (M. Macquart.)
BOUTEILLE DE LEYDE. ( Elettr. )
G’eft un des vafes dont on fe fert pour donner la
commotion. ( Hoye% C ommotion.)
( M. MaUDUYT; )
BOUTIQUES.}(Mat. méd.)
Les boutiques où l’on débite les drogues fimpîes ou
compofées , méritent l’attention du médecin. Des
loix fages autorifent les médecins à vifiter & infpec-
ter les boutiques des aporicaires. Ces vifites fe font
tous les ans avec exactitude. L’utilité de cette fur.
veillance eft fi généralement reconnue, qu il feroit
inutile de s’appelanrirTur cet objet. Nous ferons feulement
remarquer que l’ufage où l’on eft de faire
cette inlpeétion une feule fois dans l’année, & à une
époque marquée , rend peut-être moindres les avantages
qui devroient en réfulter : il feroit “fans doute
plus utile que de pareilles infpcétions fuffent faites
-plus d’une fois dans l’année , luivant la volonté des
infpe&êurs, & dans tous les temps. A cet jégard,
nos loix exigeroient donc quelques réformes, & il
faùdroit leur donner plus d’extenfion. On trouveroit
beaucoup d’abus à détruire. on feroit naître un ordre
plus rigoureux, & ja pratique de la médecine ne
pourroit qu’y gagner.
Quant à ce qui regarde les aporicaires eux-mêmes,
relativement aux foins, néceffaues à leurs, boutiques,
il feroit fort à defirer quelles fuflent grandes & vaf-
tes, bien éclairées, dvune propreté trop rare à Paris,
& munies de comptoirs, de balances 8c d’uftènfiles
plus multipliés que ceux qu’on y voit communément.
On doit s’attendre en général à tous ces foins de la
part des apoticaires, dont les études & l'éducation
font néceffairemcnt diftinguées. Mais il eft dans d’autres
boutiques des abus, dont la fuppreffion feroit
importante pour la sûreté des citoyens. Ces abus font
relatifs aux boutiques des épiciers , des herboriftes,
des parfumeurs, des vinaigriers.
Les épiciers vendent des drogues à côté des poi-
fons & des comeftibles. Il leur eft difficile, malgré
les connôiffances & les talcns qu’exigent leurs occupations
, de mettre à la diftribution des drogues les
foins & les attentions qu’ils doivent employer tout
entiers
aux détails d’an commerce immenfe 8c étendu
— i conlidérable de denrées de tous les
genres 8c de tous les ufages.
Il eft étonnant que dans les grandes villes, où les
.rentiers befoins de là vie occupent tant d hommes
Lffi adroits qu’intelligens, la profeflion d heiborifte
foit confiée à des perfonnes qut n'ont, par le genre
éducation qu'elles ont reçue, aucune'des connotl-
fances néceffaires pour ne pas commettre des erreurs
dans la vente des plantes uluelles. Les herboriftes ne
font ni examinés, ni reçus légalement; ils ne font
fournis à aucune infpeaion. Comment a-t-on pu
relier dans l'indifférence fur cette partie de 1 économie
médicinale quiintéreffe tous les hommes î
Les boutiques des parfumeurs, des vinaigriers,
devroient aufli intéreffer les médecins, 8c être fujettes
à leur infpeaion. Les cofmétiques vendus pour taire
paffer les boutons, ceux plus dangereux encore qui
produifent cet effet fans qu'ljs foient annonces, les
. vinaivres, Tes moutardes, fi multipliés & appropries
à tant d’ufages qui regardent la fauté & la v ie des
hommes, ne devroient-ils pas être fournis a la lut-
veillance des hommes éclairés qui profellent l art de
guérir? (M . Fourcroy.)
BO UTO N. (Hygiène.)
Partie II. Chofes dites non naturelles.
Claffe II. ApplicatOi,
Ordre I . Vêtemens, ligatures, machines.
Les boutons fervent particulièrement à maintenir
les habitlemens > ils doivent être tellement places,
que lès mouvemens des membres n’éprouvent aucune
contrainte lorfqu’on a boutonné, autrement on epiou-
veroit tous les inconvéniens qui font la fuite de la
gêne de la circulation. Il eft fur-tout important chez
les jeunes gens d’empêcher qu’ils ne boutonnent leurs
habits 8c leurs culottes comme ils le font actuellement.
Pour que les habits aient plus de g râ c e , on
les taille très-étroits ; on fent bien que fi on les boutonne
enfuite , ils doivent néceffairement s oppofer
chez eux au développement de la poitrine, la refferrer
en avant, empêcher que des épaules ne foient effacées
comme elles devroient l’être, 8c conféquem-
nient, au lieu de la tournure agréable quon defire,
communiquer une gêne particulière a l’organe de la
rcfpiration, indépendamment d’un maintien extrêmement
plat 8c défagréable. ( M. Macquart, )
BO U TO N D E F E U . ( Chirurgie. )
Efpècc de cautère adtuel appliqué dans un Petlt !
efpace, ou promené fur une lurface avec un infiniment
qui. fe termine par une pointeimouffée. (Hoye^
Dictionnaire de chirurgie , C autère.)
(M . C hamserv. ) I
M éd ec in e. Tome IH .
B O U V A R D , ( Charles ) né à Montoire , dans le
Vendômois. Son père, qui étoit médecin de cette
v ille , avoit tant d'amour pour fa profeflion, q u i l
prit dans fes bras fon fils nouveau né , & l’élevant
au ciel avec enthoufiafme, le confacra à la mede-
cine : mais les troubles civils qui agitèrent le Vendo-
m o is, vinrent conrrarier le voeu paternel^ A peine
Bouvard eut-il donné les premiers foins à l'éducation!
de fon fils-,, qu'il perdit fa femme, Sc mourut lui-
même au milieu des agitations 8c des malheurs que
la guerre civile entraîne.
Charles Bouvard, orphelin prefque en naiffant,
fans fortune & fans appui, ne conferva de l’héritage
de fes parens que le fouvenir du ferment cjue fon père
avoit mit. Cette id ée, toujours préfente a fon efprit,
te foutint contre l’adverfité. Très-jeune encore, il fe
préfenta à l’univerfité d’Angers avec la recommandation
de fes tuteurs, Sc des malheurs de fon père. H1 y fut
accueilli, 8c s’y diftiugua bientôt dans l’étude des
humanités & dai« le" cours de philbfophie.
U n favant profeffeur de droit, Marin Liberge
diftingua bientôt les. talens de Bouvard dans l’uni-
verfite d’An g ers, 8c réfolut de l'attacher à l’étude de
la jutifprudence. Le jeune homme fit dans ce nouveau
genre d'étude des progrès rapides pendant deux
ans ; mais renonçant à une carrière qui 1 écartoit de
fes premiers penchans, il vint à Paris pour fe livrer
tout entier à l’étude de la médecine. Il donna fes
premiers foins à l’anatomie, difféquan’t lui-même,
paffant les jours 8c les nuits, de peut d’interrompre
le fil de fes obfemtions 8ç de fes réflexions : fes
délaffemens même étoient une étude ; il alloit het-
borifer dans les campagnes. I l s’acquit bientqf la réputation
d’un grand anatomifte & d un favant bota-
nifte. Reçu bachelier, il brilla fur les bancs de fa
licence, dont il obtint le fécond lieu-, 8c prit te bonnet
de dotfteur le 17 juillet en 1604.
Bouvard avoir annoncé de bonne heure le mérite
qui devoir le diftinguer un jour. Il ne tarda pas d
jouir du fruit de fon travail & de l’étendue de fe.s
connoiffançcs. Après la mort de Jean Héroard, au
liège de la Rochelle,; il fut nommé en idx8 , premier
médecin du r o i , 8c futintendant du jardin des
plantes. Le roi l'annoblit l’année fuivaiïte.
Parvenu à la place de premier médecih', Bouvard.
oublia bientôt les leçons de prudence 8c de. modération
qu’il avoit reçues dans fa jeuneffe à l'école de
l’infortune ; il voulut dommèt. C é to it , pouf ainlî
dire , un vice héréditaire dans cette place. La Piviè fe
8c Héroard fes prédécçffeurs avoient eu la même ambition
: mais la faculté fut défendre^, comme elle
avoit déjà fa it , fes* privilèges 8c ceux dés çhirurgiens-
barbiers qui avoient eu recoursà fa protection, coh-
tre l’autorité. 8c le\ caprices.du premier médecin,
t Bouvard fut contraint de renoncer à les prétentions;
1 8c fans affeéter une domination ufurpéc ■, il fut réduit.